J’ai dépassé l’âge de l’amour, pas celui des poèmes d’amour.
Source : Vieux saltimbanque
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
J’ai dépassé l’âge de l’amour, pas celui des poèmes d’amour.
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Je vous aime comme un insensé ; comme ni mon âge, ni une longue habitude de la vie, ni mon cœur, froissé depuis longtemps par la douleur et fermé depuis à toute émotion profonde, ne devraient me permettre encore d’aimer.
Dans cette vie, longtemps je n’ai su que mal aimer ou ne pas aimer.
L’amour ne change pas avec les heures et les semaines éphémères, mais il reste immuable jusqu’au jour du jugement dernier. Et si cela est faux et qu’on me le prouve, je n’ai jamais écrit, et nul n’a jamais aimé.
L’amour est un acte trop lucide, son passage dans les vies ne déchire-t-il pas des années d’habitudes, parfois, ne chasse-t-il pas tout un passé ?
Je repense à cette idée que j’avais en 1897, d’écrire moi- même une étude sur moi. On n’est pas beau après l’amour.
Qui sut aimer au temps de la jeunesse, voudrait aimer jusqu’à son dernier jour. Qui sut aimer, même dans sa vieillesse, regrette encor tant doux chagrins d’amour.
Et leur chair, la chair des mots d’amour, s’était putréfiée au fil des ans. Que voulait dire aimer sans les baisers, les caresses, sans les plaisirs que les sexes se donnent l’un à l’autre, s’offrent jusqu’à l’épuisement.
Même quand l’âge vient, il y a une chose que l’amour n’arrive jamais à comprendre : c’est qu’il n’est pas éternel.
Il n’y a pas de limite d’âge pour écrire des lettres d’amour.
J’étais à l’âge où on a besoin d’aide et de tendresse pour faire l’amour. J’étais devenu un vieux con, quoi.

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