Les preux, sourds au vent qui murmure, dorment couchés dans leur armure, comme la veille d’un combat.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Les preux, sourds au vent qui murmure, dorment couchés dans leur armure, comme la veille d’un combat.
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Source vérifiée
Odes et Ballades (1826), La Bande noire
… La citadelle crénelée, Ouvrant ses bras sur la vallée, Comme les ailes d’un vautour. « J’aimais le beffroi des alarmes; La cour où sonnaient les clairons; La salle où, déposant leurs armes, Se rassemblaient les hauts barons; Les vitraux éclatants ou sombres; Le caveau froid où, dans les ombres, Sous des murs que le temps abat,Les preux, sourds au vent qui murmure, Dorment, couchés dans leur armure, Comme la veille d’un combat.« Aujourd’hui, parmi les cascades, Sous le dôme des bois touffus, Les piliers, les sveltes arcades, Hélas! penchent leurs fronts confus; Les forteresses écroulées, Par la chèvre errante foulées, Courbent leurs têtes de …
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Non, je ne peux plus les voir dormir. Le sommeil écrasant qui les emporte ressemble trop à l’autre sommeil. Ces visages détendus ou crispés, ces faces couleur de terre, j’ai vu les pareils, autour des tranchées et les corps ont la même pose, qui dorment éternellement dans les champs nus.
Le lion et l’agneau peuvent dormir côte à côte, mais l’un des deux aura un sommeil agité.
Ces visages détendus, abandonnés dans le sommeil.
Un Lapon qui dort, selon l’évêque Arngrim, fait autant de bruit qu’une femme qui veille.
Les heures de la nuit sont filles de la peur ; Leur souffle fait mourir l’âme humble des veilleuses, cependant que leurs mains froides et violeuses, s’allongent sous les draps pour saisir notre cœur.
C’est la nuit que les elfes sortent, avec leur robe humide au bord, et sous les nénuphars emportent Leur valseur de fatigue mort.
Il n’y a plus de sourds dont les oreilles, volontairement ou non, sont assez fermées pour ne pas entendre le cri de l’humanité contre la guerre.
Ah ! le toit de chaume aspire au repos ! Elle aspire au repos, la minime flamme dansante sur l’étang morne ! Il aspire au repos, l’esprit vigilant qui se débat dans la chair des hommes depuis le commencement du monde.
Avis aux morts :
Il est formellement interdit de ronfler durant son sommeil éternel afin de ne pas réveiller ses voisins qui reposent en paix.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

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