C’est la nuit que les elfes sortent, avec leur robe humide au bord, et sous les nénuphars emportent Leur valseur de fatigue mort.
Écrivain, 1811-1872C’est la nuit que les elfes sortent, avec leur robe humide au bord, et sous les nénuphars emportent Leur valseur de fatigue mort.
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Le Quinze Décembre (1850)
Le texte original diffère de quelques mots.
… Et là je vis, spectacle étrange, Échappés du sombre séjour, Sous la bruine et dans la fange, Passer des spectres en plein jour. Pourtant c’est la nuit que les ombres, Par un clair de lune allemand, Dans les vieilles tours en décombres, Reviennent ordinairement;C’est la nuit que les elfes sortent Avec leur robe humide au bord, Et sous les nénuphars emportent Leur valseur de fatigue mort; C’est la nuit qu’a lieu la revue Dans la ballade de Sedlitz, Où l’Empereur, ombre entrevue, Compte les ombres d’Austerlitz. Mais des spectres près du Gymnase, À deux pas des Variétés, Sans brume ou linceul qui les gaze, Des spectres mouillés et crottés! …
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Dans les plis de leur dogme ils ont la sombre nuit.
Les preux, sourds au vent qui murmure, dorment couchés dans leur armure, comme la veille d’un combat.
Les perdreaux vont par bandes et nichent ensemble aux creux des sillons, pour s’enlever à la moindre alerte…
C’est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s’alourdit, et l’ouvrier courbé qui regagne son lit.
Les heures de la nuit sont lentes et funèbres. L’angoisse comme un drap mouillé colle à ma chair ; Et ma pensée, ainsi qu’un vaisseau sous l’éclair, roule, désemparée, au large des ténèbres.
Qu’elle soit blanche ou d’un noir profond, qu’elle soit étoilée ou de pleine lune, la nuit était peuplée de créatures étranges…
C’est un soir tendre comme un visage de femme. Un soir étrange, éclos sur l’hiver âpre et dur, dont la suavité, flottante au clair-obscur, tombe en charpie exquise aux blessures de l’âme.
Les Deuils et les Soucis vengeurs ont installé leur lit ; les pâles Maladies y habitent et la triste Vieillesse, et la Peur, et la Faim, mauvaise conseillère, et l’affreuse Misère, larves terribles à voir, et le Trépas et la Peine.
Les fantômes ne murmurent pas sans qu’il pleuve la nuit.
Non, je ne peux plus les voir dormir. Le sommeil écrasant qui les emporte ressemble trop à l’autre sommeil. Ces visages détendus ou crispés, ces faces couleur de terre, j’ai vu les pareils, autour des tranchées et les corps ont la même pose, qui dorment éternellement dans les champs nus.

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