Non, je ne peux plus les voir dormir. Le sommeil écrasant qui les emporte ressemble trop à l’autre sommeil. Ces visages détendus ou crispés, ces faces couleur de terre, j’ai vu les pareils, autour des tranchés, et les corps ont la même pose, qui dorment éternellement dans les champs nus.
Image : Non, je ne peux plus les...

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- Ces visages détendus, abandonnés dans le sommeil.
- Je sais à quoi je ressemble au réveil après seulement trois heures de sommeil. Je me dis parfois que j’ai besoin de me cacher sous un chapeau pour sortir. Et ces jours-là, ça fait vraiment du bien d’entendre que je suis sexy malgré tout.
- Telle était la fatigue de son long voyage qu’il s’endormit, malgré le trouble extrême de sa pensée, de ce sommeil obscur de la bête recrue, où il n’y a plus place même pour le rêve.
- Le sommeil d’une femme qu’on regarde intensément conjure autour d’elle une innocence, une sécurité presque démente : il m’a toujours paru inconcevable de s’abandonner ainsi les yeux fermés à des yeux ouverts.
- L’absence. Le lit comme un désert. J’ai mesuré la durée de mon sommeil à l’étendue qui nous sépare.
- Les preux, sourds au vent qui murmure, dorment couchés dans leur armure, comme la veille d’un combat.
- Je n’avais pas dormi depuis quarante-huit heures, ou plutôt j’avais sommeillé en permanence pendant cette interminable durée brumeuse de voyage ininterrompu, où, dans des heures égales, les jours ne se différenciaient pas des nuits.
- Le monde visible est fait pour illustrer la beauté du sommeil.
- Je couche toute nue pour me faire croire que vous êtes là mais quand je me réveille, ce n’est plus la même chose.
- Seuls la mort et le sommeil innocentent les hommes. La naissance fait de nous des païens, et la vie des carnassiers ou des puceaux.
- Le sommeil ressemble à l’art, lui aussi nous abrite de la réalité et nous délivre des limites de notre moi.
- La surprenante métamorphose du sommeil nous rend égaux aux dieux.
- Quelle que soit la quantité de mensonges, de faux souvenirs et de rêves, dont on s’entoure le long d’une vie, c’est toujours le même corps qu’on retrouve, au matin, dans l’éprouvante expérience du réveil; le corps est sans miracle.
- Combien de milliers de mes plus pauvres sujets sont à cette heure endormis ! O sommeil, ô doux sommeil, tendre infirmier de la nature, quel effroi t’ai-je causé, que tu ne veux plus fermer mes paupières et plonger mes sens dans l’oubli !
- Le sommeil de la raison engendre des monstres.