Quoi de plus inhumain qu’un sacrifice humain ?
Écrivain, 1854-1905Quoi de plus inhumain qu’un sacrifice humain ?
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Œuvres posthumes
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Est-il un plus beau sacrifice ? Est-il une abnégation de soi-même et une mortification plus parfaite ?
Le sacrifice est le seul domaine aussi fort que celui du mal.
Le sacrifice paraît une condition nécessaire à la vie.
Tous les morts ne sont pas sous terre. L’humiliation est pire que la mort.
Est-ce horrible, tant de vies humaines sacrifiées, tant d’efforts, de courage, d’intelligence inutiles ?
Le déni de l’anatomie et du corps comme destin ne date pas d’hier. Il fut bien plus virulent dans toutes les sociétés antérieures à la nôtre. Ritualiser, cérémonialiser, affubler, masquer, mutiler, dessiner, torturer – pour séduire : séduire les dieux, séduire les esprits, séduire les morts. Le corps est le premier grand support de cette gigantesque entreprise de séduction.
Un sacrifice n’est vraiment un sacrifice qu’autant qu’il est volontaire. La liberté seule mérite, la liberté seule est féconde. L’amour captif, gardé de murs, chaste malgré lui, est stérile.
Pourquoi teindre l’autel du sang de tes victimes ? L’animal innocent doit-il pour toi mourir ? Sa mort n’efface pas tes crimes : Celui qui fait le mal doit lui-même périr.
À quoi serviraient les morts, sinon à aimer les vivants davantage ?
Qui ne pense qu’à nourrir sa chair ne prépare qu’un plus gros cadavre.

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