La plupart des faiseurs de recueils de vers ou de bons mots ressemblent à ceux qui mangent des cerises ou des huîtres, choisissant d’abord les meilleures, et finissant par tout manger.
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- Les sots, les ignorants, les gens malhonnêtes, vont prendre dans les livres des idées, de la raison, des sentiments nobles et élevés, comme une femme riche va chez un marchand d’étoffes s’assortir pour son argent.
- La plupart des livres d’à présent ont l’air d’avoir été faits en un jour avec des livres lus la veille.
- La plupart des bienfaiteurs qui prétendent être cachés, après vous avoir fait du bien, s’enfuient comme la Galatée de Virgile : et se cupit ante videri.
- L’art de raisonner se réduit à une langue bien faite.
- On peut, si on veut, ramener tout l’art de vivre à un bon usage du langage.
- Pour moi, je dirais au contraire qu’il n’y a que les Français qui ne savent pas manger, puisqu’il faut un art si particulier pour leur rendre les mets mangeables.
- Mais les mots sont des choses, et une petite goutte d’encre, - Tombant comme la rosée sur une pensée, produit - Ce qui fait penser des mille, peut-être des millions.
- Tous les mots sont des outils. Ni plus ni moins. Des outils de communication. Comme les voitures. Des outils techniques, des outils utiles. Quelle idée de les adorer comme des dieux !
- Parfois, on aimerait savoir, n’est-ce pas, la nature exacte des paroles : leur poids sur les âmes, leur action insidieuse sur les pensées, leur durée de vie, si elles sucrent ou rendent amers les coeurs.
- Presque aucune part n’est réservée à l’enseignement de la parole proprement dite; l’écolier apprend à lire, à écrire, à compter, à raisonner, non à parler. Ils seront dans la vie la proie de quelque bavard, expert au langage courant.
- La rédaction alambiquée de nombreux menus atteste que les restaurateurs sont souvent des poètes sachant cuisiner.
- Il faut recevoir du potage des personnes qui en servent avec les grandes cuillers faites exprès : il faut ensuite se servir de sa cuiller pour manger ce qui est sur son assiette.
- Un homme qui digère mal, et qui est vorace, est peut-être une image assez fidèle du caractère d’esprit de la plupart des savants.
- Un des grands malheurs de l’homme, c’est que ses bonnes qualités même lui sont quelquefois inutiles, et que l’art de s’en servir et de les bien gouverner n’est souvent qu’un fruit tardif de l’expérience.