Un des grands malheurs de l’homme, c’est que ses bonnes qualités même lui sont quelquefois inutiles, et que l’art de s’en servir et de les bien gouverner n’est souvent qu’un fruit tardif de l’expérience.
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- Il y a deux choses auquelles il faut se faire, sous peine de trouver la vie insupportable : ce sont les injures du temps et les injustices des hommes.
- Quel est donc cet instinct moral qui apprend à l’homme sans éducation, que la récompense de ces actions est dans le coeur de celui qui les a faites ? Il semble qu’en nous les payant, on nous les ôte.
- Il faudrait pouvoir unir les contraires, l’amour de la vertu avec l’indifférence pour l’opinion publique, le goût du travail avec l’indifférence pour la gloire, et le soin de sa santé avec l’indifférence pour la vie.
- Gouverner est l’art de mener des hommes imparfaits avec des lois imparfaites.
- La plupart des hommes ne savent pas calculer le prix de revient de leur réussite.
- On trouve toujours les autres plus brillants que soi. Comme dit Raymond Queneau dans son journal de guerre, «je suis un pauvre homme». Pour autant, nous possédons tous une part amendable, sauvable qui aspire à la hauteur, à être Mozart.
- Le génie abaisse davantage qu’il n’élève; l’idée du génie empêche d’être simple, engage à montrer l’essentiel, à dissimuler ce qui décevrait : il n’est pas de génie concevable sans art.
- Soit dit en passant, c’est une chose assez hideuse que le succès. Sa fausse ressemblance avec le mérite trompe les hommes.
- De ce que les hommes médiocres sont souvent travailleurs et les intelligents souvent paresseux, on n’en peut pas conclure que le travail n’est pas pour l’esprit une meilleure discipline que la paresse.
- L’homme est sans conteste une apparition extraordinaire, mais il n’est pas une réussite.
- On ne doit pas juger un homme par ses grandes qualités, mais par l’usage qu’il en sait faire.
- Nos erreurs et nos divisions dans la morale viennent quelquefois de ce que nous considérons les hommes comme s’ils pouvaient être tout à fait vicieux ou tout à fait bons.
- Le regret qu’ont les hommes du mauvais emploi du temps qu’ils ont déjà vécu, ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste à vivre un meilleur usage.
- La plupart des hommes qui comptent dans l’histoire ont des rejetons médiocres, ou pires que tels : ils semblent épuiser en eux les ressources d’une race. La tendresse du père est presque toujours en conflit avec les intérêts du chef.
- C’est avoir une très mauvaise opinion des hommes, et néanmoins les bien connaître, que de croire dans un grand poste leur imposer par des caresses étudiées, par de longs et stériles embrassements.