Quel est donc cet instinct moral qui apprend à l’homme sans éducation, que la récompense de ces actions est dans le coeur de celui qui les a faites ? Il semble qu’en nous les payant, on nous les ôte.
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- L’éducation doit porter sur deux bases, la morale et la prudence : la morale, pour appuyer la vertu; la prudence, pour vous défendre contre les vices d’autrui.
- A égalité d’esprit et de lumière, l’homme né riche ne doit jamais connaître, aussi bien que le pauvre, la nature, le coeur humain et la société. C’est que dans le moment où l’autre plaçait une jouissance, l’autre se consolait par une réflexion.
- Un des grands malheurs de l’homme, c’est que ses bonnes qualités même lui sont quelquefois inutiles, et que l’art de s’en servir et de les bien gouverner n’est souvent qu’un fruit tardif de l’expérience.
- Qui nous a donné le sentiment du juste et de l’injuste ? Dieu, qui nous a donné un cerveau et un coeur. Mais quand votre raison vous apprend-elle qu’il y a vice et vertu ? Quand elle nous apprend que deux et deux font quatre.
- Dans la vie courante, dans ses relations avec ses pareils, l’homme doit se servir de sa raison, mais il commettra moins d’erreurs s’il écoute son coeur.
- Les principes sont des préjugés de grande taille, c’est tout. L’honorabilité n’est que la réussite sociale de l’hypocrisie. La spontanéité du coeur est un réflexe malheureux.
- L’adulation ferme donc le coeur à la vérité; mais l’ambition est bientôt le triste fruit de l’aveuglement où jette l’adulation, et achève de creuser le précipice.
- Connaître n’est donc pas un engagement moral : savoir, comprendre, est une nécessité. La seule chose qui permet de sentir qu’on est encore un homme digne de respirer.
- Un homme fait ce qu’il a à faire malgré les conséquences sur sa vie, les obstacles, les dangers et la pression; c’est la base de toute morale humaine.
- Si nous acceptions, vous ou moi, la responsabilité morale de ce que nous avons accompli au cours de notre existence, nous en mourrions ou nous deviendrions fous. Les êtres vivants ne sont pas construits pour comprendre ce qu’ils font.
- La culture du résultat s’est inscrite dans nos systèmes de pensée. Sans que la morale y soit toujours associée. On a prôné la satisfaction à tout prix.
- La dose de déception qu’un être humain peut supporter, sans se révolter, définit, peut-être, la qualité morale de son âme, à moins que ce soit son taux de résignation.
- L’homme moderne se promène à travers les pauvres, enjambe les mendiants, convaincu que son sacrifice au travail justifie son indifférence. Mieux, il arrive à se convaincre que, s’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils refusent le sacrifice.
- De l’ami des humains reconnaissons les traits Tous ses jours sont marqués par de nouveaux bienfaits Il prolonge la vie, il secourt l’indigence Le plaisir d’être utile est sa seule récompense...
- Le plaisir donné est bien plus grand que le plaisir reçu. Il en peut être autrement chez beaucoup d’hommes : mais qui jamais s’avisera, en amour, de parler pour cette populace que notre morale cessera peut-être de produire ?