Soit dit en passant, c’est une chose assez hideuse que le succès. Sa fausse ressemblance avec le mérite trompe les hommes.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Soit dit en passant, c’est une chose assez hideuse que le succès. Sa fausse ressemblance avec le mérite trompe les hommes.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Les Misérables (1862), tome 1, livre 1, chapitre 12
Soit dit en passant, c’est une chose assez hideuse que le succès. Sa fausse ressemblance avec le mérite trompe les hommes.Pour la foule, la réussite a presque le même profil que la suprématie. Le succès, ce ménechme du talent, a une dupe: l’histoire. Juvénal et Tacite seuls en bougonnent. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Un des grands malheurs de l’homme, c’est que ses bonnes qualités même lui sont quelquefois inutiles, et que l’art de s’en servir et de les bien gouverner n’est souvent qu’un fruit tardif de l’expérience.
L’homme est sans conteste une apparition extraordinaire, mais il n’est pas une réussite.
Comment le mensonge ne serait-il pas une tentation quand l’homme faible et puéril est si vite ébloui.
Dans un univers où le succès est de gagner du temps, penser n’a qu’un défaut, mais incorrigible : d’en faire perdre.
La plupart des hommes ne savent pas calculer le prix de revient de leur réussite.
Peut-être y a-t-il dans la vie de tout homme un échec, quelque affaire non résolue, qui a pour lui plus d’importance que tous ses succès ?
Sans cette précaution, l’on ne réussit jamais, et le succès même de ceux qui l’ont prise a souvent des causes bien différentes de celles que lui suppose un observateur superficiel.
La plupart des hommes, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d’un grand effort que d’une longue persévérance.
Et dites-vous bien que dans la vie, ne pas reconnaître son talent, c’est faciliter la réussite des médiocres.
Il est toujours difficile de discerner, dans la défaite comme dans le succès, ce qui appartient aux circonstances et ce qui est de l’homme. Presque toujours, des deux côtés, nous donnons trop ou trop peu.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.