Il nageait dans ce qu’il appelait la vie conjucalme.
ÉcrivainIl nageait dans ce qu’il appelait la vie conjucalme.
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Source vérifiée
La délicatesse
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Celui qui a failli faire naufrage redoute jusqu’aux eaux tranquilles.
Le voilà délivré des maux de la vie et, comme disait Fontenelle, de la difficulté d’être…
Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance…
Il écoutait l’océan, dans une relation d’intimité complète. Une autre idée reçue : le silence de la mer. À cette profondeur, la masse sans limite des fonds compressait, cristallisait chaque son, au point de le transformer en un objet matériel, translucide, aux arêtes de verre.
Lorsque Rimbaud dit : « Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit », il montre qu’il a compris qu’il y a dans le désordre quelque chose sans lequel la vie ne serait que platitude mécanique.
Je ne crois pouvoir comparer mieux qu’au mal de mer ces vertiges du cœur et de l’âme. La vie sans Marthe, c’était une longue traversée.
Comme c’est étrange, pensait Attila, ce que la vie nous fait, où elle nous emporte et nous dépose, perdus quelque part entre l’irréparable et l’insaisissable.
La vie, c’est comme les vagues, c’est comme l’écume, tout se disloque, tout s’en va, tout se perd.
Incapable de s’ajuster à la vie contemporaine qui le pénétrait de dégoût, il résidait au fond de son propre cœur, tel que, dans son antre, un dragon d’avant le déluge, inconsolable et hagard de la destruction de son espèce.
On ne peut bien décrire la vie des hommes si on ne la fait baigner dans le sommeil où elle plonge et qui, nuit après nuit, la contourne comme une presqu’île est cernée par la mer.

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