Et meure Pâris ou Hélène,
Quiconque meurt, meurt à douleur
Telle qu’il perd vent et haleine ;
Son fiel se crève sur son cœur,
Puis sue, Dieu sait quelle sueur !
Poète, 1431-1463Et meure Pâris ou Hélène,
Quiconque meurt, meurt à douleur
Telle qu’il perd vent et haleine ;
Son fiel se crève sur son cœur,
Puis sue, Dieu sait quelle sueur !
Poète, 1431-1463Partager sur
Source vérifiée
Le Grand Testament (1461)
Le texte original diffère de quelques mots.
Et mourut Paris et Helène. Quiconques meurt, meurt à douleur. Celluy qui perd vent et alaine, Son fiel se crève sur son cueur, Puys sue Dieu sçait quelle sueur!Et n’est qui de ses maulx l’allège: Car enfans n’a, frère ne sœur, Qui lors voulsist estre son pleige.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Son cœur ne bat plus.
Parfait. Rien d’inquiétant dans un mort comme un cœur qui bat.
Rien n’est plus affligeant que la mort du cœur, la mort de l’homme est secondaire.
On peut décréter et ressentir sa mort, sans attenter à sa vie. La mort est un état d’âme.
Ton âme est immortelle, et tes pleurs vont tarir. Tu te sens le cœur pris d’un caprice de femme. Et tu dis qu’il se brise à force de souffrir.
De tant de douleur on ne saurait faire qu’une mort.
Messieurs, un peu de cran : celui qui n’est pas mort garde un espoir de vie !
Vivre et ne pas mourir, ça fait deux.
Aimez et souffrez, espérez et contemplez. Malheur, hélas ! à qui n’aura aimé que des corps, des formes, des apparences ! La mort lui ôtera tout. Tâchez d’aimer des âmes, vous les retrouverez.
Heureux qui pour la Gloire ou pour la Liberté,
Dans l’orgueil de la force et l’ivresse du rêve,
Meurt ainsi d’une mort éblouissante et brève.
On entre, on crie, et c’est la vie ; On bâille, on sort, et c’est la mort.
On ne pleure pas le destin d’un mort mais la perte du bien qu’il nous apportait. Si nous pleurions le martyre à venir, les maternités seraient océans de larmes.

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