Malheureuse condition des hommes ! À peine l’esprit est-il parvenu à sa maturité, que le corps commence à s’affaiblir.
Écrivain, 1689-1755 Image : After Jacques-Antoine Dassier, Domaine public, Wikimedia Commons Malheureuse condition des hommes ! À peine l’esprit est-il parvenu à sa maturité, que le corps commence à s’affaiblir.
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Source vérifiée
Pensées diverses (Montesquieu) (1879)
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Un corps chétif affaiblit l’âme.
Le corps de l’homme est bien petit par rapport à l’esprit qui l’habite.
Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps ; on ne peut plus remuer ; on se couche.
Celui qui se transforme en bête se délivre de la souffrance d’être un Homme.
L’homme obtus manque d’esprit, le sot d’entendement.
C’est la négligence en ce point qui perd toute la jeunesse ; c’est par le désordre du premier âge que les hommes dégénerent, et qu’on les voit devenir ce qu’ils sont aujourd’hui.
Il n’y a guère de personnes qui dans le premier penchant de l’âge ne fassent connaître par où leur corps et leur esprit doivent défaillir.
C’est triste que les hommes finissent par trouver tout naturel d’être en vie. Un jour, nous perdons cette faculté de nous étonner et la retrouvons juste quand nous sommes sur le point de quitter ce monde.
Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser.
Une véritable suppression de la métaphysique ferait de l’art et de la science des squelettes pétrifiée, dépourvus d’âme, incapable du moindre développement ultérieur.

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