Lui, au fond, n’avait contre le mariage que ses anciennes préventions d’artiste débridé dans la vie.
Romancier, 1840-1902Lui, au fond, n’avait contre le mariage que ses anciennes préventions d’artiste débridé dans la vie.
Romancier, 1840-1902Partager sur
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L’Œuvre (1886), chapitre 8
… mais il comprenait qu’elle se chagrinait de n’être pas reçue chez Sandoz; et, d’autre part, ce n’était plus la liberté ni la solitude de la campagne, c’était Paris, avec les mille méchancetés du voisinage, des liaisons forcées, tout ce qui blesse une femme vivant chez un homme.Lui, au fond, n’avait contre le mariage que ses anciennes préventions d’artiste débridé dans la vie.Puisqu’il ne devait jamais la quitter, pourquoi ne pas lui faire ce plaisir? Et, en effet, quand il lui en parla, elle eut un grand cri, elle se jeta à son cou, surprise elle-même d’en éprouver une si grosse émotion. Pendant une semaine, elle en fut profondément heureuse. …
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Desesperant de pouvoir jouir de ses amours, il se noya ; de quoy Thesaeus estant adverty, et aussi de la cause pour laquelle il s’estoit ainsi desesperé, en fut fort dolent et marry.
Que redoute-t-on quand un homme fixe sa vie avant d’avoir « jeté sa gourme » et « mené la vie de garçon » ? […] On craint que la solidité du mariage ne résiste pas au déchainement subit de l’instinct viril. Juste crainte, mais qui n’est pas moins fondée […] pour la femme que pour l’homme.
Il vit aussi que les arts, dirigés par la véritable philosophie, développaient les hommes, ennoblissaient leur existence ; que la civilisation formait la moitié de la vie, et que, sans elle, les hommes seraient les plus malheureux des êtres.
Et pourtant sa pensée, déjà rebelle, opposait une résistance sournoise, biaisait vers les images délirantes.
Sous le joug du mariage il n’est plus de liberté.
Il vaut mieux être mal mariée que de souffrir de la passion.
Un mari n’est qu’une espèce de manœuvre qui tracasse le corps de sa femme, ébauche son esprit et dégrossit son âme.
De ses refus d’apprêt oubliant l’artifice, indulgente à l’amour, sans fierté, sans caprice, de son sexe cruel n’ayant que les appas.
La seule atmosphère favorable au créateur est celle de la naissance de l’amour. Le mariage […] ou toute relation permanente avec une femme, est la mort d’un grand artiste.
Quelles que soient les excuses dont un homme enveloppe ses déficiences devant une épouse qu’il a autrefois possédée, elle prend ses dérobades pour un outrage à sa féminité.

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