C’est ça les hôpitaux, on entre par la porte des urgences en entier, on en ressort par une autre, il manque un bout de corps ou d’âme, quelque chose de brisé.
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- Plus on tente de s’en sortir et plus on s’essouffle, plus on manque d’air.
- Habiter un corps (grandir jouir souffrir mourrir) signifie : être en manque avant de disparaître.
- Douloureuse la perte... Mais plus terrible le manque. L’absence. Non, pas l’absence, car l’absence est perte encore, a un contraire. Ce qui n’a jamais été : cette fenêtre condamnée dans le couloir de notre enfance.
- Là où il y a trop, il manque quelque chose.
- Depuis notre retour ici, nous sommes un peu grisées, comme des captives qui sortiraient de cellule pour reprendre la prison simple.
- L’ascenseur était en panne, le couloir plongé dans une obscurité totale, et nous montions à tâtons, nous encourageant mutuellement par nos halètements.
- Ta bien-aimée, hâfiz, sur ta tombe scellée - Peut-être passera comme passe le vent : - Tu frémiras alors dans ta prison étroite, - Et tu déchireras ton suaire en lambeaux.
- La plus grande partie du corps ne parle que pour souffrir. Tout organe qui se fait connaître est déjà suspect de désordre. Silence bienheureux des machines qui marchent bien.
- L’hôpital est soumis à une pression considérable. Il tient encore par un engagement humain exceptionnel. Avec de très nombreuses difficultés, je ne les cache pas. Il tient parce que, tous ensemble, nous nous battons et nous ne relâchons pas l’effort sur le confinement.
- Ceux qui s’évadent meurent perdus dans un excès d’espace. C’est le paradoxe de l’infini : on pressent une liberté qui n’y existe pas. C’est une prison si grande qu’on n’en sort jamais.
- Rien n’est plus tragique que de rencontrer un individu à bout de souffle, perdu dans le labyrinthe de la vie.
- Eros maladroit qui manque le coeur et n’atteint que l’estomac...
- Ce qui me navre presque autant que de devoir faire mes bagages pour l’au-delà est de ne rien pouvoir glisser dedans tant il est vrai que, chez nous, le trépas annule complètement la sacro-sainte propriété.
- La prison, c’est dur. C’est un choc émotionnel qui est énorme. C’est du temps que tu retrouveras jamais, c’est de la souffrance... C’est la souffrance de voir les autres souffrir.
- La souffrance, celle qui fait des trous dans la tête et dans le coeur, celle-là, on ne peut la dire, ni la montrer. Elle est intérieure, enfermée, invisible.