L’homme nie essentiellement ses besoins animaux, c’est le point sur lequel portèrent la plupart de ses interdits, dont l’universalité est si frappante et qui vont en apparence si bien de soi qu’il n’en est jamais question.
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- J’ai déjà remarqué que les refus de simagrée et d’agacerie sont communs à presque toutes les femelles, même parmi les animaux, et même quand elles sont plus disposées à se rendre; il faut n’avoir jamais observé leur manège pour disconvenir de cela.
- A l’origine de l’humanité, il y avait deux catégories de gens : ceux qui se vouaient à l’agriculture et à l’élevage, et puis ceux qui étaient bien obligés de protéger les premiers, parce que les animaux sauvages et féroces risquaient de manger les femmes et les enfants, détruire les récoltes, dévorer les troupeaux, etc.
- Tels les hommes sortent primitivement du règne animal, - au sens étroit, - tels ils entrent dans l’histoire : encore à demi animaux, grossiers, impuissants encore en face des forces de la nature, ignorants encore de leurs propres forces; par conséquent, pauvres comme les animaux et à peine productifs qu’eux.
- Il faut que la raison règle nos passions, qu’elle leur donne un but utile, autrement elles nous ravalent au rang des animaux, ou elles nous conduisent au crime.
- Acquérir la pleine conscience de soi, c’est se connaître tellement différent des autres qu’on ne sent plus avec les hommes que des contacts purement animaux.
- Il y a cette immense liberté de l’animal, enfermé certes dans les limites de son espèce, mais vivant sans plus sa réalité d’être, sans tout le faux que nous ajoutons à la sensation d’exister.
- Tout homme a naturellement droit à tout ce qui lui est nécessaire; mais l’acte positif qui le rend propriétaire de quelque bien l’exclut de tout le reste. Sa part étant faite, il doit s’y borner, et n’a plus aucun droit à la communauté.
- On ne peut comprendre l’homme en-dehors de la nature, et la nature est incompréhensible sans l’homme.
- Elle n’a qu’un but, s’exprimer totalement dans une perspective qui permette à l’homme de secouer ses tabous, le révéler à lui-même, le rendre libre. L’homme doit prendre conscience de ses abîmes pour mieux les contourner.
- L’animal fait un avec la nature. L’homme fait deux. Pour passer de l’inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu ce schisme, ce divorce, il a fallu cet arrachement.
- De tous les animaux qui s’élèvent dans l’air, - Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, - De Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome, - Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme.
- En général, les hommes, même en ce pays relativement libre, sont tout simplement, par suite d’ignorance et d’erreur, si bien pris par les soucis factices et les travaux inutilement rudes de la vie, que ses fruits plus beaux ne savent être cueillis par eux.
- Si le chien est le plus méprisé des animaux, c’est que l’homme se connaît trop bien pour pouvoir apprécier un compagnon qui lui est si fidèle.
- Vous voulez protéger des animaux en ne leur permettant plus de naître ? " Absolument. Il n’y a aucun fondement moral à faire naître un individu dans le but de s’en servir et de lui faire subir une vie atroce.
- L’homme se distingue des autres animaux surtout en ceci : il est le seul qui maltraite sa femelle, méfait dont ni les loups ni les lâches coyotes ne se rendent coupables, ni même le chien dégénéré par la domestication.