Acquérir la pleine conscience de soi, c’est se connaître tellement différent des autres qu’on ne sent plus avec les hommes que des contacts purement animaux.
Écrivain, 1858-1915Acquérir la pleine conscience de soi, c’est se connaître tellement différent des autres qu’on ne sent plus avec les hommes que des contacts purement animaux.
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Source vérifiée
Le Livre des masques (1896), André Gide
… ici et là c’est le triste automate; mais la supériorité de l’homme est qu’il peut arriver à la conscience: un petit nombre y parvient.Acquérir la pleine conscience de soi, c’est se connaître tellement différent des autres qu’on ne sent plus avec les hommes que des contacts purement animaux: cependant entre âmes de ce degré, il y a une fraternité idéale basée sur les différences, — tandis que la fraternité sociale l’est sur les ressemblances.
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Il serait temps que l’homme reconnaisse que la relation avec l’autre est bien plus essentielle qu’un monde fermé, reposant sur la seule conscience de soi.
L’animal fait un avec la nature. L’homme fait deux. Pour passer de l’inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu ce schisme, ce divorce, il a fallu cet arrachement.
L’homme nie essentiellement ses besoins animaux, c’est le point sur lequel portèrent la plupart de ses interdits, dont l’universalité est si frappante et qui vont en apparence si bien de soi qu’il n’en est jamais question.
L’éternel masculin et l’éternel féminin sont, pour une large part, l’œuvre des contingences sociales, et rien n’est plus malaisé que de démêler, dans l’empreinte sexuelle, ce qui appartient en propre à l’animal masculin et à l’animal féminin.
Se tromper et devoir cependant accorder sa confiance à son être intérieur, c’est cela l’homme.
Les humains sont en général incapables d’accepter qu’un être différent d’eux les comprenne et essaye de se faire comprendre.
Les relations charnelles trouvent leur justification dans une relation spirituelle, autrement, l’homme ne se distingue en rien de l’animal.
L’attachement à soi augmente l’opacité de la vie.
Il n’est pas naturel pour l’homme de brouiller les frontières, de remettre en question la fin de la vie, de tenter de communiquer avec l’invisible. Agir de la sorte relève plus de la démence que de la raison.
Peut-être m’avez-vous classé dans la catégorie des originaux, disait-il. Dans la vie, j’ai choisi de penser. Les hommes, ces animaux qui pensent, pensent si peu, que celui qui s’y refuse à observer pareille parcimonie fait sans doute figure d’original.

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