Le gouvernement avait-il assez bien gouverné pour nous faire préférer ses ordres à notre vie ?
Romancier, 1910-1997Le gouvernement avait-il assez bien gouverné pour nous faire préférer ses ordres à notre vie ?
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Le maif sous les drapeaux
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Le gouvernement est stationnaire, l’espèce humaine est progressive. Il faut que la puissance du gouvernement contrarie le moins qu’il est possible la marche de l’espèce humaine.
Il ne s’agit pas de refuser l’autorité du pouvoir, nous sommes par bonheur en démocratie, mais d’intervenir au quotidien, au difficile équilibre entre le désordre et les excès de l’ordre.
Ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ?
Le premier soin d’un gouvernement est de faire le contraire de celui qui l’a précédé, ne serait-ce que pour obéir aux passions qui l’ont fait triompher.
Un gouvernement, de par sa nature, a intérêt à élargir son champ d’action, restreignant par là même la liberté des individus.
J’avais vu que tout tenait radicalement à la politique, et que, de quelque façon qu’on s’y prît, aucun peuple ne serait que ce que la nature de son gouvernement le ferait être.
Il me paraît donc certain que non seulement les gouvernements n’ont point commencé par le pouvoir arbitraire, qui n’en est que la corruption, le terme extrême, et qui les ramène enfin à la seule loi du plus fort, dont ils furent d’abord le remède.
Pour gouverner, il faut un gouvernement.
C’est toujours le gouvernement précédent qui est responsable des mœurs du suivant, en tant qu’un gouvernement puisse être responsable de quoi que ce soit.
Par définition, un gouvernement n’a pas de conscience. Parfois, il a une politique, mais rien de plus.

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