En France, les admirations et les mépris sont toujours excessifs. Tout écrivain est un dieu ou un âne : il n’y a pas de milieu. Ni si haut, ni si bas, serait cependant pour beaucoup une place plus juste.
Écrivain, 1811-1872En France, les admirations et les mépris sont toujours excessifs. Tout écrivain est un dieu ou un âne : il n’y a pas de milieu. Ni si haut, ni si bas, serait cependant pour beaucoup une place plus juste.
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Les Grotesques (1844), Préface
En France, les admirations et les mépris sont toujours excessifs. Tout écrivain est un dieu ou un âne: il n’y a pas de milieu. — Ni si haut, ni si bas, serait cependant pour beaucoup une place plus juste.On dirait que, dans le but de s’épargner la peine de juger les titres de chacun, on adopte un écrivain quelconque pour se débarrasser des autres!
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Le chef-d’œuvre littéraire de la France est peut-être sa prose abstraite dont la pareille ne se trouve nulle part.
Il y a toujours, dans un mauvais auteur, le commencement, le quart, le milieu d’un grand écrivain.
On représente souvent la littérature comme une pyramide au sommet de laquelle il y a les grands auteurs, ceux qu’on doit absolument lire, puis tous les autres, qu’on peut oublier. Je ne vois pas vraiment les choses ainsi.
La France est souvent trompée mais comme une femme l’est, par des idées généreuses, par des sentiments chaleureux dont la portée échappe d’abord au calcul.
Un écrivain est grand non par lui-même mais par la grandeur de ce qu’il nomme, et je ne sais pas d’autre grandeur que celle de la vie faible, humiliée par le monde.
La littérature est un terrain d’entente. Un terrain qui n’est pas géré que par des intérêts commerciaux ni exploité comme une mine…
Il n’y a pas de liberté là où le public n’est pas assez intelligent pour aimer les opinions contradictoires. Un tel état d’esprit semble avoir existé en France vers le milieu du dix-huitième siècle : qui nous rendra ces temps sceptiques, ces temps bénis !
Soutenir les artistes, soutenir la culture, c’est aimer la France. Car la France, patrie des beaux-arts et des belles lettres, n’est jamais plus belle, jamais si grande, que quand sa culture rayonne, resplendit, attire et rassemble.
Ne pouvoir se passer de Paris, marque de bêtise ; ne plus l’aimer, signe de décadence.
Il y a peu de personnes, soit instruites, soit même ignorantes, qui, si elles disaient librement leurs pensées sur les ouvrages des artistes, ne pourraient pas leur être utiles. Les seules opinions dont on ne peut tirer aucun fruit sont celles des demi-connaisseurs.

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