Elles sont sans feuilles, ces vignes, parce que l’avril n’est pas commencé; on voit leurs ceps énormes se tordre partout sur le sol comme des serpents au corps multiple.
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- Rien n’est étranger. On est arbre, fleuve, multiple au familier mystère. Puis peu à peu la pluie s’apaise. Il y a une lumière de cristal. Le corps bouge et le temps se décompte. On est réalité revenue au visible.
- Les épaules fermes, rebondies, mates et blanches comme le marbre dépoli des statues antiques, ne se dessinent qu’assez tard; c’est un fruit d’automne, juste compensation de la perte de quelques fleurs de printemps.
- Les mauvaises herbes du désert perdurent, mais la fleur du printemps s’épanouit puis se fane.
- Plaignons les tourterelles qui ne baisent qu’au printemps !
- Le printemps venu, la femelle du coucou, au lieu de construire un nid, s’en va déposer ses oeufs dans les pendules.
- Durant l’absence de pluie, ce sont les jeunes arbres qui jaunissent les premiers. Les vieux ont des cachettes souterraines qu’on appelle expérience.
- Les insectes piquent, non par méchanceté, mais parce que, eux aussi, veulent vivre; il en est de même des critiques; ils veulent notre sang et non pas notre douleur.
- La mort fauche sans cesse (la plante et l’insecte meurent à la fin de l’été, l’animal et l’homme au bout de quelques années), et pourtant les végétaux, les animaux, les insectes et les hommes continuent toujours d’exister, toujours recommencés.
- Notre destin, quand nous voulons l’isoler, ressemble à ces plantes qu’il est impossible d’arracher avec toutes leurs racines.
- En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.
- Le printemps vient, paré de verdure et couronné de fleurs, pour le grand rite de l’amour.
- Ton corps ressemble à s’y méprendre à cet arbre fruitier qui a la particularité de ne produire que deux fruits par vie. On raconte que si on s’endort entre ses branches, on se réveille amoureux.
- Le monde est irrégulièrement semé de dispositions régulières. Les cristaux en sont; les fleurs, les feuilles; maints ornements de stries, de taches sur les fourrures, les ailes, les coquilles des animaux, les traces du vent sur les sables et sur les eaux.
- Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises, echouages hideux au fond des golfes bruns Où les serpents géants dévorés des punaises Choient, des arbres tordus avec de noirs parfums.
- Dans l’immense vasière de la forêt vierge... Chacun peut voir que les grands arbres y sont rares. On les remarque aussitôt par l’ivoire et par le poli de la mort. Ils restent debout, soutenus par les autres.