C’est faiblesse de céder aux maux, mais c’est folie de les nourrir.
Philosophe, 1533-1592 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons C’est faiblesse de céder aux maux, mais c’est folie de les nourrir.
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Essais (1595), livre II, chapitre 3
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C’est foiblesse de ceder aux maux, mais c’est folie de les nourrir.
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Un repas est insipide, s’il n’est assaisonné d’un brin de folie.
La gourmandise est le vice des cœurs qui n’ont point d’étoffe. L’âme d’un gourmand est toute dans son palais, il n’est fait que pour manger.
Les aliments mal revenus font les repas mal partis.
Celui qui distingue la vraie saveur de ce qu’il mange ne sera jamais un glouton ; celui qui ne le fait pas ne peut pas être autre chose.
L’impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d’autrui.
Ce que l’on voit est toujours décevant. Il faut croire à ce que l’on mange.
Femme. C’est pire que paysan — semis, arrosage, arrachage, récolte. (…) Jambes à épiler, aisselles à raser, ongles à limer… Un programme si rigoureusement exigeant qu’il suffit de se laisser aller quelques jours pour se retrouver en jachère.
On craint le lait trié ou caillé : c’est une folie, puisqu’on sait que le lait se caille toujours dans l’estomac.
Il y a pire que la modestie. C’est la peur de l’orgueil.
Le faisan de la lande becquette tous les dix pas ; il boit tous les cent pas ; il ne veut pas sa nourriture au prix de sa mise en cage. Ainsi il n’envie point le bonheur d’un roi.

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