On eût dit qu’une main se refermait peu à peu sur la bouche d’une victime et étouffait ses cris. La ville tenta de se débattre, d’arracher le bâillon qui l’asphyxiait, de se libérer du joug écrasant, mais elle n’en avait plus la force. Ce n’était plus qu’une fontaine tarie, un vestige inutile condamné à disparaître.

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La traversée de l'été

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GRASSET, 2006
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  1. On n’entend que ces mots, chienne, louve, bagasse !
    D’abord leurs scoffions ont volé par la place,
    Et laissant voir à nu deux têtes sans cheveux,
    Ont rendu le combat risiblement affreux.
    Source vérifiée L’Étourdi ou les Contretemps (1654), acte V, scène 9, Mascarille
  2. La tragédie, pierre angulaire de votre empoisonnante bâtisse.
    Source vérifiée Lettre, à l’administrateur de la Comédie-Française
  3. Et un tourbillon du nord, errant ça et là Comme un loup qui aurait flairé un enfant mort, secoua les rameaux ainsi chargés, et lourds, et raides, et les brisa net de sa griffe rigide.
    Source à vérifierLa Sensitive
  4. On a mal regardé la vie, quand on n’a pas aussi vu la main qui tue en gant de velours.
    Source secondairePar-delà le bien et le mal (1886)
  5. C’était si dégoûtant qu’on lui a shooté dedans, un coup chacun, et alors, à la place de chanson et de vomi, c’est du sang qui est sorti de sa vieille rote dégueulasse. Et puis on a continué notre chemin.
    Source vérifiée L’orange mécanique
  6. Quand on n’était pas sage, on allait au coin avec une queue d’artichaut dans la bouche pour bien comprendre l’amertume de la faute.
    Source vérifiée Choses et autres
  7. L’idéal eût été d’avoir un spadassin qui exécutât la besogne devant lui, mais le métier de tueur à gages s’est à peu près perdu, du moins à l’usage du vulgaire.
    Source vérifiée Travelingue (1941)
  8. Alors, quand vous croisiez un clébard sautillant comme une danseuse et tenant dans sa gueule un cubitus de poilu, votre sang ne faisait qu’un tour. Vous aviez envie de comprendre.
    Source vérifiée Au revoir là-haut (2013)
  9. Son corps gît délaissé sur un grabat, d’où le juge est obligé de le faire enlever, non comme le corps d’un homme, mais comme une immondice dangereuse aux vivants.
    Source vérifiée Génie du christianisme (1802), partie 1, livre 5, chapitre VII
  10. Je me suis posé cette question essentielle : comment un tel ­carnage a-t-il pu se produire dans des locaux considérés comme sensibles ? J’ai enquêté pour comprendre. Maintenant je connais les failles. Celles de l’Etat, de la police, du journal.
« On eût dit qu’une main se refermait peu à peu sur la bouche d’une victime et étouffait ses cris. La ville tent... » — Truman Capote

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Truman Capote. La traversée de l'été. s.d.. Édition consultée : GRASSET, 2006.