Un peu plus loin, je tombe sur une tache sanglante entourée d’un grand arc de cercle dessiné dans la neige par les ailes d’une chouette. Le dégel, en délivrant le lapin de la faim, lui a fait oublier sa peur. La chouette est venue lui rappeler que les pensées printanières ne sauraient remplacer la prudence.
Image : Un peu plus loin, je tombe...

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- Un hurlement surgi des profondeurs résonne entre les parois rocheuses, dévale la montagne et s’évanouit dans le noir. C’est un cri de douleur primitive, plein de défi, et plein de mépris pour toutes les adversité du monde.
- Un chat tenait avec circonspection entre ses dents aigües un morceau de poisson parsemé d’arêtes : l’avaler lui faisait peur, le cracher lui donnerait des regrets.
- Cette image immuable, j’ai envie de la palper, de la caresser, de la parcourir avec des mots, mais pas trop fort, j’ai si peur de l’abîmer.
- La parole, me semble t-il, délivre de la peur de la mort, et si elle pouvait m’aider à la repousser, à lui échapper, je serais alors le porc-épic le plus heureux du monde.
- L’esprit du doute, suspendu sur ma tête, venait de me verser dans les veines une goutte de poison; la vapeur m’en montait au cerveau, et je chancelais à demi dans un commencement d’ivresse malfaisante.
- On eût dit qu’une main se refermait peu à peu sur la bouche d’une victime et étouffait ses cris. La ville tenta de se débattre, d’arracher le bâillon qui l’asphyxiait, de se libérer du joug écrasant, mais elle n’en avait plus la force. Ce n’était plus qu’une fontaine tarie, un vestige inutile condamné à disparaître.
- Dieu ! Pourquoi l’orphelin dans ses langes funèbres - Dit-il : «J’ai faim. » L’enfant, n’est-ce pas un oiseau ? - Pourquoi le nid a-t-il ce qui manque au berceau ?
- J’éprouve une attirance pour les êtres funestes. C’est un désir enfantin de rencontrer le loup, d’avoir peur. Enfant, je préférais La petite marchande d’allumettes et ses dernières munitions au Chaperon rouge.
- Et un tourbillon du nord, errant ça et là Comme un loup qui aurait flairé un enfant mort, secoua les rameaux ainsi chargés, et lourds, et raides, et les brisa net de sa griffe rigide.
- La neige dehors est très blanche; et il règne ce silence étouffé de la neige, ce silence qui attend une révélation dont on sait seulement que la venue fait battre le coeur plus allègrement.
- J’étais libérée parce que ma plus grande peur avait été réalisée et j’avais encore une fille que j’adorais et j’avais une vieille machine à écrire et une grande idée. Et ainsi le fond de pierre est devenu une base solide sur laquelle j’ai reconstruit ma vie.
- La peur donne des ailes (aux talons).
- Comme la neige serait monotone si Dieu n’avait créé les corbeaux.
- Pitié pour la graine que le vent a jetée sur les pierres calcinées et qui meurt dans les tourments en serrant contre son coeur un message inentendu ! Pitié pour la semence qui vient de tomber sur la terre grasse, et qui n’en a pas fini avec ce monde incohérent !
- La neige est un poème. Un poème qui tombe des nuages en flocons blancs et légers. Ce poème vient de la bouche du ciel, de la main de Dieu. Il porte un nom. Un nom d’une blancheur éclatante. Neige.