Quand on n’était pas sage, on allait au coin avec une queue d’artichaut dans la bouche pour bien comprendre l’amertume de la faute.
1900-1977Quand on n’était pas sage, on allait au coin avec une queue d’artichaut dans la bouche pour bien comprendre l’amertume de la faute.
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Choses Et Autres (Folio)
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La bêtise et l’orgueil ont étroit parentage.
La défaite, comme un mal de tête, nous avertit que quelque chose a mal tourné. Si nous sommes clairvoyants, nous en rechercherons la cause et profitons de l’expérience.
Nous en voyons qui n’auroient pas le cœur de commettre une voyelle avec une voyelle en parlant.
Inexpérience qui ne nous fait pas meilleurs nous rend plus coupables.
À la froide sagesse assez souvent s’allie, comme pour l’égayer, quelque grain de folie.
Et nous crevons par la Blague, par l’ignorance, par l’outrecuidance, par le mépris de la grandeur, par l’amour de la banalité, et le bavardage imbécile.
Curieuse entreprise, d’écrire des souvenirs. On tire sur le fil, et on ne sait pas ce qui va en sortir. Comme ces illusionnistes qui extraient de leur bouche, suspendus en guirlande, une fleur, une lame de rasoir, une ampoule allumée, un petit lapin…
Toute certitude qui se retire de notre conscience la soulage au début, puis l’alourdit d’une nouvelle interrogation.
Si l’on n’était responsable que des choses dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute.
Avec les baisers profonds et les caresses de la langue, nous revenons à notre lointain passé, à la nourriture transmise de bouche à bouche.

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