Ecrire, oh écrire, c’est s’emparer du monde, de ses préjugés, de ses vertus et le résumer dans un livre; c’est sentir sa pensée naître, grandir, se dresser debout sur son piédestal et y rester toujours.
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- Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !
- Le plaisir d’écrire est perdu. Le plaisir d’écrire, c’était de vivre avec une pensée, de la mûrir, de la vêtir, de la faire forte et belle.
- Nulle forme fixe n’est plus considérée comme le moule nécessaire à l’expression de toute pensée poétique; désormais, comme toujours, mais consciemment libre cette fois, le poète obéira au rythme personnel.
- Je ne peux plus lire que les livres qui me font travailler. Sur les autres, ma pensée glisse comme sur du marbre. - J’aime à labourer.
- Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
- Aimer la littérature, c’est être persuadé qu’il y a toujours une phrase écrite qui nous redonnera le goût de vivre.
- L’écrivain observe, entend, écoute, enregistre. Puis il raconte une histoire, mêlant son imagination à son expérience. Et elle porte nécessairement les cicatrices de son âme.
- Un mot n’est pas qu’un mot, et c’est le problème particulier de l’écrivain. Un mot est chargé de souvenirs, d’histoire, de joies, de douleurs, celles des lecteurs, de l’écrivain lui-même.
- L’écriture, de même que le dessin, fait connaître à la fois le modèle et l’homme. Seulement, parce que le modèle d’écriture est commun à tous, ici c’est la nature de l’écrivant qui saute aux yeux en quelque sorte.
- Manier les mots, les soupeser, en explorer le sens, est une manière de faire l’amour, surtout lorsque ce qu’on écrit est inspiré par quelqu’un, ou promis à quelqu’un.
- Chaque écrivain tout au long de sa vie exprime un seul thème. C’est la nécessité de compréhension, de tendresse et de persévérance dans l’infortune chez des individus traqués par les circonstances.
- C’est ça l’écriture. C’est le train de l’écrit qui passe par votre corps. Le traverse. C’est de là qu’on part pour parler de ces émotions difficiles à dire, si étrangères et qui néanmoins, tout à coup, s’emparent de vous.
- L’envie d’y croire. De penser que la vie est devant, toujours devant. Qu’il suffit d’un stylo pour tout changer. D’un peu de poésie pour se réinventer.
- Ecrire n’est-ce pas se lever au milieu de la nuit, parmi les choses réelles et irréelles, proches et étrangères, aller jusqu’au bout de sa folie, troubler le sommeil des gisants, annoncer l’aube ?
- C’est cela écrire, élargir le champ de la conscience en agissant sur la perception même des choses.