Je ne peux plus lire que les livres qui me font travailler. Sur les autres, ma pensée glisse comme une charrue sur du marbre. — J’aime à labourer.
Écrivain, 1797-1863Je ne peux plus lire que les livres qui me font travailler. Sur les autres, ma pensée glisse comme une charrue sur du marbre. — J’aime à labourer.
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Source vérifiée
Journal d’un poète (1867)
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Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Pendant les moments très difficiles de ma vie où je commence à me demander pourquoi je me bats avec quelque chose, je me tourne souvent vers les livres pour mieux me comprendre.
J’éprouve une passion irrésistible pour les livres et un besoin constant de cultiver mon esprit, d’étudier, qui m’est aussi vital que le pain.
Cela m’est égal que d’autres aient écrit avant moi ce que je suis en train d’écrire, car c’est à la vie et non dans les livres que je prends mon bien.
Les sots admirent tout dans un auteur estimé. Je ne lis que pour moi ; je n’aime que ce qui est à mon usage.
C’était une force puissante et sournoise que celle de la solitude. Elle agissait sur moi en utilisant d’agréables atours : la lecture boulimique d’ouvrages littéraires. Elle n’en était pas moins une force de sape et de destruction.
La littérature est un refuge. Elle a approfondi ma vision du monde. Les livres m’ont dit des choses que ne me disaient pas les vivants. En ce sens, elle m’a donné une leçon de morale artistique. Je luis dois ça, une conscience morale.
Bien des gens sont encore pour moi de véritables hiéroglyphes, mais tout doucement j’apprends à les déchiffrer. Je ne connais rien de plus beau que de lire la vie en déchiffrant les êtres.
Tant de livres nous font négliger le livre du monde ; ou, si nous y lisons encore, chacun s’en tient à son feuillet.
Face aux occupations jugées presque toutes rebutantes des journées qui viennent, l’obsession écrivassière hante mon louche demi-sommeil.
Je n’aime, pour moi, que des livres ou plaisants et faciles, qui me chatouillent, ou ceux qui me consolent et conseillent à régler ma vie et ma mort.

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