Hé Dieu ! Si j’eusse étudié
Au temps de ma jeunesse folle,
Et à bonnes mœurs dédié,
J’eusse maison et couche molle ;
Mais quoi ? Je fuyais l’école
Comme fait le mauvais enfant.
Poète, 1431-1463Hé Dieu ! Si j’eusse étudié
Au temps de ma jeunesse folle,
Et à bonnes mœurs dédié,
J’eusse maison et couche molle ;
Mais quoi ? Je fuyais l’école
Comme fait le mauvais enfant.
Poète, 1431-1463Partager sur
Source vérifiée
Le Grand Testament (1461)
Le texte original diffère de quelques mots.
Bien sçay sej’eusse estudié Ou temps de ma jeunesse folle, Et à bonnes meurs dedié, J’eusse maison et couche molle! Mais quoy? je fuyoye l’escolle, Comme faict le mauvays enfant…En escrivant ceste parolle, A peu que le cueur ne me fend.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Donc, j’étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier.
Dans ma jeunesse, j’étais un putain de tueur à gages ! J’ai bien peur que dans cette histoire, il n’y ait rien à gagner. Ça tombe très bien. Moi, j’ai rien à perdre !
Je plains le temps de ma jeunesse,
Auquel j’ai plus qu’autre gallé,
Jusqu’à l’entrée de vieillesse,
Qui son partement m’a celé.
Il ne s’en est à pied allé,
N’à cheval : hélas ! comment donc ?
Soudainement s’en est volé,
Et ne m’a laissé quelque don.
Alors il s’assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse.
Tout le mal qu’on dit de l’école nous cache le nombre d’enfants qu’elle a sauvés des tares, des préjugés, de la morgue, de l’ignorance, de la bêtise, de la cupidité, de l’immobilité ou du fatalisme des familles.
La jeunesse, quelle chose merveilleuse, quel crime de la laisser gaspiller par les enfants !
Le charme de l’enfance avait complètement disparu chez moi. Je sentais que l’on ne pouvait m’aimer tel que j’étais, et me détestais moi-même.
Si les mortels se décidaient à rompre avec la Sagesse et vivaient sans cesse avec moi (la folie), au lieu de l’ennui de vieillir, ils connaîtraient la jouissance d’être toujours jeunes.
J’eus immédiatement honte de ce que je prenais pour de la dureté en moi, et qui était méchanceté, vengeance à l’égard d’un gosse qui venait de « m’avoir ».
Je n’ai vraiment qu’un seul regret
De ne pas être universel
A l’école des demoiselles.

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