Le chagrin est une sorte de chat sauvage, de couleur grise. Son cri est plutôt triste et lugubre. Il faut se mettre à plusieurs pour en venir à bout. Car, tout seul, on arrive mal à chasser le chagrin.
Image : Le chagrin est une sorte de...

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- Il nous manque d’aller dans notre vie comme si nous n’y étions plus, avec cette souplesse du chat entre les hautes herbes, ou avec ce fin sourire de l’amoureuse devant son coeur cambriolé.
- Jeux de chat, pleurs de souris.
- J’aime les chats, parce que j’aime ma maison, et qu’ils en deviennent, peu à peu, l’âme visible. Une sorte de silence actif qui émane de ces quelques fourrures qui paraissent sourdes aux ordres, aux appels, aux reproches.
- Comme la teigne au vêtement et le ver au bois, ainsi nuit la tristesse au coeur de l’homme.
- La pitié, plus que tout autre sentiment, est une émotion cultivée; c’est un enfant qui en aura le moins. La pitié provient de la mémoire de l’homme, des dépôts successifs de l’expérience, de l’angoisse et de la douleur de la vie.
- Lorsqu’on veut animer la multitude, l’accumulation des griefs a plus de force que leur vraisemblance.
- Cette douleur, cette horreur, c’est la beauté de l’homme. Les animaux sûrement sont plus heureux, qui ne les ressentent pas. Mais je ne troquerais pas pour un empire cette douleur.
- Mon chat sur le carreau cherchant une litière Agite sans repos son corps maigre et galeux; L’âme d’un vieux poète erre dans la gouttière Avec la triste voix d’un fantôme frileux.
- C’est rudement commode, un enterrement. On peut avoir l’air maussade avec les gens : ils prennent cela pour de la tristesse.
- Pleurez, pleurez, vous gênez pas, ça fait pas d’mal; quand c’est d’bon coeur, c’est souvent les nerfs.
- Je connais bien le sentiment de tristesse qu’inspire la précarité de toute chose, je l’éprouve à chaque fois qu’une fleur se fane. Mais il s’agit là d’une tristesse sans désespoir.
- Tout attachement est finalement un printemps de douleur. Heureux, mille fois celui qui peut s’échapper. Le solitaire ne regrette personne et personne ne le regrette. Ceux qui ne veulent pas souffrir, ceux qui craignent le chagrin doivent se détacher des êtres.
- Il est difficile de remédier à notre propre tristesse parce que nous en sommes complices. Il est difficile de remédier à celle des autres parce que nous en sommes captifs.
- Il n’est rien de plus lourd que la compassion. Même notre propre douleur n’est pas aussi lourde que la douleur consentie avec un autre, pour un autre, à la place d’un autre, multiplié par l’imagination, prolongée dans des centaines d’échos.
- Le deuil pour seule culture, j’ai développé un chagrin solitaire et colérique. Il est difficile de discerner ce que nous ôtent, en mourant, ceux que nous avons aimés.