Céder une fois à la foule, c’est lui donner conscience de sa force et se condamner à lui céder toujours.
Sociologue, 1841-1931Céder une fois à la foule, c’est lui donner conscience de sa force et se condamner à lui céder toujours.
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Aphorismes du temps présent
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Refuser, c’est se révolter contre l’injustice du sort, lui montrer qu’on est plus fort que lui.
Pour répéter, pour imiter, pour se fier, il suffit de se laisser aller ; c’est la critique qui exige un effort.
Une fois lancé dans sa fureur, il faut infiniment plus de vertu à l’acteur pour s’empêcher de commettre un crime qu’il ne faut de courage à l’assassin pour parvenir à exécuter le sien.
C’est toujours le cœur qu’il exalte, et la raison qu’il humilie.
Adieu guerrier illustre : ton courage dans le malheur inspire de l’estime à ton ennemi le plus acharné.
On se fait violence, on ne s’écoute point, on croit qu’à force de prendre sur soi, à la fin on accoutumera le corps à obéir…
On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une innocente victime.
Rien n’est plus dangereux pour l’individu, rien ne détruit plus sûrement son moral que de s’occuper constamment de lui-même et de son état, de remâcher son insatisfaction, son abandon et sa faiblesse.
L’athée, avant de qualifier le négateur de Dieu, sert à poursuivre et condamner la pensée de l’individu affranchi, même de la façon la plus infime, de l’autorité et de la tutelle sociale en matière de pensée et de réflexion.
La cruauté est la force des lâches.

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