Beauté de ce tissage où même la matière première est indigène et que rien ne vient adultérer.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Beauté de ce tissage où même la matière première est indigène et que rien ne vient adultérer.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Journal (1922)
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Une civilisation ne s’écroule pas comme un édifice, on dirait beaucoup plus exactement qu’elle se vide peu à peu de sa substance jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que l’écorce.
Ce n’est ni sur de la plume ni sous des couvertures qu’on parvient à la gloire. Qui sans elle conserve sa vie laisse sur la terre pareil vestige de soi que fumée dans l’air et écume dans l’eau.
Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit.
Les corps des morts c’est comme des écorces vides. Des trucs qu’on abandonne ici pour pouvoir partir ailleurs, plus léger.
Des générations d’Inuits y ont vécu sans laisser de traces, à la différence de nous, les hommes modernes, qui ne laissons dans notre sillage que dévastation.
La pudeur n’est qu’un artifice qui confère plus de valeur à l’abandon.
Le pick-up et le frigidaire sont d’agréables commodités, non des signes de civilisation.
Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien.
La pègre est de nature et de nécessité voyageuse, le sol honnête lui manque toujours sous le pied.
Ce qu’est Heathcliff : un être resté sauvage, sans raffinement, sans culture ; un désert aride d’ajoncs et de basalte.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.