Il y en a d’aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents.
Dramaturge, 1622-1673 Image : Pierre Mignard I, Domaine public, Wikimedia Commons Il y en a d’aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents.
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Le Malade imaginaire (1673), acte II, scène 6, Angélique
Chacun a son but en se mariant. Pour moi, qui ne veux un mari que pour l’aimer véritablement, et qui prétends en faire tout l’attachement de ma vie, je vous avoue que j’y cherche quelque précaution.Il y en a d’aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents, et se mettre en état de faire tout ce qu’elles voudront. Il y en a d’autres, madame, qui font du mariage un commerce de pur intérêt; qui ne se marient que pour gagner des douaires, que pour s’enrichir par la mort de ceux qu’elles épousent, et courent sans scrupules de mari en mari, pour s’approprier leurs dépouilles. …
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Toutes les mères, par principe, ne souhaitent rien tant pour leurs fils que le mariage, mais désapprouvent la femme qu’ils choisissent.
Grandir, c’est s’apercevoir que ses parents ne sont pas indispensables.
Malheur donc aux parents qui usent de leur irrésistible ; ascendant moral pour imposer à leur fille un mari qui lui déplaît ; sur eux retombe la responsabilité de ses fautes !
Il apparait que les hommes ordinaires prennent des épouses parce que la possession n’est possible que par le mariage, et que les femmes ordinaires acceptent les maris parce que le mariage est impossible sans la possession.
Si toutes les femmes étaient soumises à leur mari comme au Seigneur, et se dévouaient à leur famille, nous n’entendrions parler ni de divorce, ni de séparation de corps.
Ce ne sont pas les individus qui sont responsables de l’échec du mariage : c’est l’institution elle-même qui est originellement pervertie.
Devenir père, lorsqu’on a épousé une femme qui a déjà des enfants, c’est de la communauté réduite aux acquêts.
Les règles de la parenté et du mariage ne sont pas rendues nécessaires par l’état de société. Elles sont l’état de société lui-même.
Il n’y a que le père qui n’envie pas le talent de son fils.
Un sujet fidèle ne sert pas deux princes ; une femme vertueuse ne prend pas un second mari.

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