En Afrique, un Blanc qui adresse la parole à un Noir n’a plus la condescendance raciste des colonisateurs d’antan; désormais c’est bien plus violent. Désormais, il a le regard apitoyé du prêtre qui administre l’extrême-onction à un condamné à mort.
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- Vous voulez tuer l’Injustice, mais vous ne tuez que des hommes. Camus a écrit que l’on condamne à mort un coupable, mais qu’on fusille toujours un innocent. Toujours cet infernal dilemme : l’amour des chiens et l’horreur de la chiennerie.
- Ils punissent de mort celui qui est convaincu d’avoir fait un crime pour cesser d’être pauvre et punissent de mépris celui qui a le courage de rester pauvre.
- Si on condamne à mort, il faut bien que quelqu’un exécute. C’est la mauvaise action qui déshonore, pas le supplice. Le bourreau est quelqu’un d’utile.
- Un juge qui, autorisé par la loi à punir d’une moindre peine, prononce la peine de mort, est un assassin et un barbare.
- De nombreux abolitionnistes souhaitaient libérer les esclaves mais ne voulaient pas voir des Noirs vivre dans leur voisinage. Beaucoup de gens aujourd’hui acceptent volontiers d’avoir une nounou noire ou un chauffeur noir. Mais soyez assurés qu’ils n’ont pas envie d’avoir un boss noir.
- Le raciste hiérarchise les individus en fonction de leur race; le Français pense que tout étranger, quelles que soient son origine, sa race, sa religion, peut accéder au nirvana de la civilisation française. Attitude un brin arrogante, xénophobe même, mais aucunement raciste.
- Nous admettons qu’il peut y avoir non seulement un droit, mais un devoir de ce qu’on appelle les races supérieures, revendiquant quelquefois pour elles un privilège quelque peu indu, d’attirer à elles les races qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de civilisation.
- À l’aspect de cette multiplicité de supplices, qui n’a jamais rendu les hommes meilleurs, j’ai cherché si, dans un gouvernement sage, la peine de mort était vraiment utile; j’ai examiné si elle était juste. Quel peut être ce droit que les hommes s’attribuent d’égorger leurs semblables ?
- Ce qu’exprime le racisme est essentiellement un mépris; mépris envers telle personne justifié, non par ses caractéristiques, mais par son appartenance à un groupe : l’origine de ce mépris est une absence de confiance en soi; son aboutissement est une destruction de soi-même.
- Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire.
- La femme noire est assaillie dès son âge tendre par ces forces communes de la nature, en même temps qu’elle est prise entre les triples feux croisés du préjugé masculin, de l’illogique haine blanche et de l’absence de pouvoir noir.
- Entre la race blanche et la famille noire, - Il fallait un combat, puisqu’il faut la victoire !
- Nos croyons le faux qui nous flatte. Vous feriez aisément croire que le blanc est noir à celui qui a des cheveux blancs.
- Il devient donc indispensable que les Africains se penchent sur leur propre histoire et leur civilisation et étudient celles-ci pour mieux se connaître : arriver ainsi, par la véritable connaissance de leur passé, à rendre périmées, grotesques et désormais inoffensives ces armes culturelles.