- Quand je commence à m’ennuyer, je vais risquer ma vie quelque part.
- Notre art ne veut pas représenter une fiction de la réalité, mais veut exprimer cette réalité telle qu’elle est.
- Vous me permettrez donc de citer Horace. Ce poète, ou faiseur, dit quelque part : Omne tulit punctum, qui miscuit utile dulci; le mérite suprême est d’avoir réuni l’agréable à l’utile. La perfection consiste à concilier ces deux points.
- L’art, c’est simplement la volonté de mener à terme un travail, dans un domaine où l’on évolue avec aisance. A chacun de découvrir le sien...
- Je gage qu’avant vingt ans, les mots : contre nature, antiphysique, etc., ne pourront plus se faire prendre au sérieux. Je n’admets qu’une chose au monde pour ne pas être naturelle : c’est l’oeuvre d’art.
- L’art est un message de réalité qui ne peut être exprimé en d’autres termes. Dans ce sens, un artiste est un envoyé des dieux et, pour cette raison, ne saurait transmettre leur mandat qu’en sa propre langue.
- Lorsque la sculpture bavarde, je m’en détourne. Lorsque la musique décrit, je m’en détourne... Je veux que chacun des arts parle le langage qui lui est propre, au lieu de bégayer dans une langue étrangère.
- L’avantage de la mélancolie, c’est qu’elle est productive. N’est-elle pas le terreau fertile où la plupart des artistes puisent leur inspiration ?
- Les historiens d’art sont les véritables destructeurs de l’art. Les historiens d’art bavardent sur l’art jusqu’à ce qu’ils l’aient tué de leur bavardage.
- Aucune guerre ne peut être gagnée sans un moment d’improvisation. De la même façon qu’il ne peut y avoir d’art sans la touche d’irrationnel qui est tout simplement le talent de l’artiste.
- Plus inexprimables que tout sont les œuvres d’art, ces êtres secrets dont la vie ne finit pas et que côtoie la nôtre qui passe.
- Les œuvres ne sont solides et fortes que si elles sont édifiées par une tête; mais, sublimes, elles ne le sont que par le cœur, et c’est tout un malheur s’il y a trop peu de tête et trop de cœur.
- Il nous faut des œuvres fortes, droites, précises, à jamais incomprises.
- En art le progrès ne consiste pas dans l’extension mais dans la connaissance des ses limites. La limite des moyens donne le style, engendre la forme nouvelle et pousse à la création.
- L’art ne nous attire que parce qu’il révèle notre moi le plus secret.
- Le sublime lasse, le beau trompe, le pathétique seul est infaillible dans l’art.
- L’art doit réconforter les perturbés et perturber les confortables.
- Trop de tableaux, trop d’objets. Qu’avions-nous besoin de tant de possessions ? N’est-ce pas une vraie manie ou une espèce de maladie d’avoir accumulé toutes ces œuvres d’art ?
- L’art est contemplation des choses, indépendante du principe de raison.
- La valeur réelle de l’art est en fonction de son pouvoir de révélation libératrice.
- Depuis toujours, profondément, violemment, je déteste ceux qui veulent trouver dans une œuvre d’art une attitude (politique, philosophique, religieuse, etc.), au lieu d’y chercher une intention de connaître, de comprendre, de saisir tel ou tel aspect de la réalité.
- L’art nous fait appréhender le réel à travers une expérience subjective. Avec la science, la connaissance de l’univers évolue d’étape en étape, comme si elle gravissait les degrés d’un escalier sans fin, chacune réfutant souvent celle qui l’a précédée, au nom de vérités particulières objectives. En art, la connaissance est toujours une vision nouvelle et unique de l’univers, un hiéroglyphe de la vérité absolue. Elle est reçue comme une révélation, ou un désir spontané et brûlant d’appréhender intuitivement toutes les lois qui régissent le monde : sa beauté et sa laideur, sa douceur et sa cruauté, son infinité et ses limites.
- Que de beauté l’art n’offre-t-il pas ! À condition de pouvoir retenir ce qu’on a vu, on n’est jamais vide ou vraiment solitaire, mais jamais seul.
- L’objet de l’art est d’unir la matière aux formes qui sont ce que la nature a de plus vrai, de plus beau et de plus pur.
- L’art est une ligne autour de vos pensées.
- L’art est insensé et - comme tout - non dépourvu de sens.
- Il y a en effet quelque chose dans la conception selon laquelle le beau serait le but de l’art. Et le beau est justement ce qui rend heureux.
- Qu’est-ce que l’art ? Ce par quoi les formes deviennent style.
- Il existe des livres qui font ressentir un amour plus intense que celui qu’on a connu, un courage plus grand que celui dont on a fait preuve. C’est l’effet que doit produire l’art.
- Une ligne est un point qui est parti marcher.
- Un tableau doit être comme des étincelles, il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème. L’art peut mourir, ce qui compte c’est qu’il ait répandu des germes sur la terre.
- Il n’y a rien de plus réellement artistique que d’aimer les gens…
- Le grand ennemi de l’art, c’est le bon goût.
- L’art nait de la contrainte et meurt dans la liberté.
- Toute religion parle par des temples, des statues, des emblèmes… L’art et la religion ne sont pas deux choses, mais plutôt l’envers et l’endroit d’une même étoffe.
- L’art nous dit quelque chose, même là où nous pensons qu’il ne nous le dit pas. C’est sa force, la force de la littérature, du cinéma, de la peinture.
- L’art s’était efforcé de tout temps de donner un moyen d’expression à ce besoin inexprimé de divin qui est en nous.
- Nous n’avons qu’une ressource avec la mort : Faire de l’art avant elle.
- Une œuvre d’art n’est jamais belle, par décret, objectivement, pour tous. La critique est donc inutile, elle n’existe que subjectivement, pour chacun, et sans le moindre caractère de généralité.
- Semblable à l’amour, la mission de l’art est de révéler l’homme à lui-même.