Dans l’univers du révolté, la mort exalte l’injustice. Elle est le suprême abus.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Dans l’univers du révolté, la mort exalte l’injustice. Elle est le suprême abus.
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Le mythe de Sisyphe (1942)
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La docilité est la source de tes souffrances tout comme la résignation à l’injustice sociale est celle de ton martyre.
Un pouvoir engagé dans la route sanglante de l’injustice ressent la crainte qu’il inspire, éprouve la haine qu’il excite : c’est une pente funeste et glissante où l’on ne peut ni s’arrêter ni reculer.
L’injustice appelle l’injustice ; la violence engendre la violence.
Ce n’est pas la violence qui vient le mieux à bout de la haine, ni la vengeance qui guérit le plus sûrement l’injustice.
La mort n’est rien. Ce qui importe, c’est l’injustice.
L’échafaud est un crime permanent. C’est le plus insolent des outrages à la dignité humaine, à la civilisation, au progrès.
La promesse et le conditionnel, l’injustice et la peur se sont alliés dans le meurtre du futur.
Nous devons être convaincus, les uns et les autres, que ce contraste permanent entre la prospérité de quelques-uns et la misère du plus grand nombre a créé le sentiment d’injustice et de colère sur lequel est fondée la révolte actuelle.
Un pouvoir illimité entre les mains de personnes bornées mène toujours à la cruauté.
La révolte contre l’injustice est aussi vieille que la conscience.

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