Une sorte de poésie se dégageait de tout son être, qui venait, je crois, de ce qu’il se sentait faible et cherchait à se faire aimer.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Une sorte de poésie se dégageait de tout son être, qui venait, je crois, de ce qu’il se sentait faible et cherchait à se faire aimer.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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André Gide
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Il s’aperçut qu’il y avait autre chose dans le monde que les spéculations de la Sorbonne et les vers d’Homerus que l’Homme avait besoin d’affections que la vie sans tendresse et sans amour n’était qu’un rouage sec, criard et déchirant.
L’ingéniosité en amour, c’est comme la poésie en littérature. On peut s’en passer, mais c’est dommage.
Du temps qu’on l’aimait, lasse d’elle-même, elle avait juré d’être cet amour, elle en fut le charme et lui le poème, la terre est légère aux serments d’un jour.
Il l’aimait avec ses doutes, son désespoir, il l’aimait depuis le plus sombre de lui-même, au cœur de ses lignes de faille, dans la pulsation de ses propres blessures. Il l’aimait avec la peur de la perdre, tout le temps.
Il semble parfois au sujet amoureux qu’il est possédé par un démon de langage qui le pousse à se blesser lui-même et à s’expulser – selon un mot de Goethe – du paradis que, dans d’autres moments, la relation amoureuse constitue pour lui.
Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.
La poésie a été mise au monde par l’homme et elle ne peut être ailleurs que dans lui – mais il la cherche dans la nature comme s’il l’avait laissée échapper.
Ma versification n’est point un assemblage de sentiments communs et d’expressions triviales que la rime seule soutienne ; c’est une poésie mâle qui émeut le cœur et frappe l’esprit.
Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun.
La poésie a toujours été pour moi une leçon d’humanité. Sa beauté réside dans sa générosité, dans son refus de la laideur, de la haine, de la raison arbitraire. Comment un cœur de poète peut-il accepter tant de violence, tant d’injustice ?

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