Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
1854-1891Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
1854-1891Partager sur
Source vérifiée
Le Bateau ivre (1871)
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Un soldat filmé par CNN devant un coucher de soleil, reste un soldat qui fait la guerre.
Un soldat mort, c’est un monde qui s’écroule assurément. Et deux corps qui roulent dans la chaleur d’un lit, c’est un monde qui renaît. Pense aux renaissances, aux reconquêtes. Ne meurs pas. Ne meurs pas.
Parce qu’il est seul à pouvoir regarder la mort dans les yeux, seul le soldat est un homme libre !
Les preux, sourds au vent qui murmure, dorment couchés dans leur armure, comme la veille d’un combat.
Une vie sans éclat et attentive au simple est semblable à ces coings à la peau duvetée et à l’apparence rugueuse qui, mûrissant dans l’ombre, embaument l’air du cellier – comme fait le corps d’un saint après sa mort.
Seigneur, endormez-moi dans votre paix certaine Entre les bras de l’Espérance et de l’Amour. Ce vieux cœur de soldat n’a point connu la haine. Et pour vos seuls vrais biens a battu sans retour.
Un homme va au Savoir comme il part pour la guerre. Bien réveillé, avec de la peur, du respect et une assurance absolue.
Je répondrai, madame, avec la liberté
D’un soldat qui sait mal farder la vérité.
C’était un soldat à la con. Quand son cafard le tenait il était plus emmerdant qu’une femme qui a ses affaires.
Un reste de soleil sur le seuil de la brume,
Une glu chaude encore à la pente des nues
Et l’automne vous prend dans ses pattes-pelues,
Feuilles couleur de sang, de sang couleur de plumes.

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