Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. » La grande chance de cette nunucherie a été de se limiter à douze syllabes. Les prosateurs, eux, font toujours trop long.
Image : Un seul être vous manque et...

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- Qui dira la tristesse des secrétaires de rédaction sommés de faire composer en très gros caractères des noms de confrères au talent très mince ?
- Ce qui manque aux orateurs en profondeur, ils vous le donnent en longueur.
- Il y a là un manque de curiosité... Comme une atrophie... Dans le vide qui s’est creusé en lui... Une atrophie... Oui, un manque de souplesse, une sorte de rigidité.
- La parole est à double tranchant et les parleurs font souvent les reproches qu’ils n’osent pas se faire. Ils se débarrassent ainsi du fardeau de leurs jalousies et de leur manque à l’échange.
- Là où il y a trop, il manque quelque chose.
- Le texte, au théâtre, c’est encore ce qu’il y a de moins important. Ils n’entendent qu’une phrase sur deux.
- Les mots ne suffirent plus. A force de tout se passer en mots, le plaisir restait en suspens, on s’énervait à attendre l’essentiel. Il fallait aller plus loin. Quel bonheur de s’approcher coûte que coûte de ce paroxysme !
- L’apprentissage commence en répétant : copie après moi ! L’art de la citation est donc le degré zéro du détournement.
- Le spectateur s’arrête, la critique s’arrête : la poésie commence. Autrement dit, les mots s’arrêtent là où l’incommunicable est communiqué. Pierre Soulages.
- Dans le chant, la voix se quitte : c’est toujours une absence que l’on chante. Le temps de chanter est la claire confusion de ces deux saisons dans la vie : l’excès et le défaut. Le comble et la perte.
- La vie est trop courte pour que nous cachions dans notre coeur des mots importants. Par exemple, je t’aime. Mais ne t’attends pas toujours à entendre la même phrase en échange.
- Cette frontière-là, entre les lecteurs et les autres, est plus fermée encore que celle de l’argent. Celui qui est sans argent manque de tout. Celui qui est sans lecture manque du manque.
- Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connaît à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.
- Je ne savais pas que les mots peuvent sauver. Aujourd’hui je le sais : ils maintiennent le lien à soi. Ils permettent de ne pas s’égarer dans la nuit profonde de la folie.
- La politique ? Une colonne, deux phrases, un gros titre ! Et tout se volatilise ! La tête finit par vous tourner à un tel rythme sous le matraquage des éditeurs, diffuseurs, présentateurs, que la force centrifuge fait s’envoler toute pensée inutile, donc toute perte de temps !