Les mots ne suffirent plus. A force de tout se passer en mots, le plaisir restait en suspens, on s’énervait à attendre l’essentiel. Il fallait aller plus loin. Quel bonheur de s’approcher coûte que coûte de ce paroxysme !
Image : Les mots ne suffirent plus. A...

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- Qui n’a pas rêvé, à un moment donné, d’effacer la vie ? L’embêtant c’est que la vie, il faut la vivre à la file. Ça commence et, à partir de là, ça tire du long jusqu’à la fin. On ne peut pas choisir.
- La jeunesse, ce n’est ni la force, ni la souplesse, ni même lajeunesse comme tu disais : c’est la passion pour l’inutile.
- La politique ? Une colonne, deux phrases, un gros titre ! Et tout se volatilise ! La tête finit par vous tourner à un tel rythme sous le matraquage des éditeurs, diffuseurs, présentateurs, que la force centrifuge fait s’envoler toute pensée inutile, donc toute perte de temps !
- On subit tous l’image qu’on véhicule, un jour, elle se mêle si intimement à notre vérité qu’on ne peut plus les séparer. Je pense que ça a été le cas pour Sardou, à force de passer pour un vieux con réac, il l’est devenu.
- Nous ne parvenons pas à écrire ce que nous pensons et c’est là, toute la force des mots. Ecrire, c’est perdre son idée au profit de quelque chose qui nous dépasse, qui ne nous appartient même plus.
- A force de trop penser, parfois on a le sort qu’on mérite. La vie, ça se vit à chaque jour suivant sa peine...
- Toute vérité nue et crue n’a pas assez passé par l’âme, pas assez roulé dans notre tête; l’intelligence ne l’a pas assez épurée, le coeur assez imbibée de ses sucs, l’imagination assez parée de ses livrées.
- Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. » La grande chance de cette nunucherie a été de se limiter à douze syllabes. Les prosateurs, eux, font toujours trop long.
- Oh, la force claire et merveilleuse d’une conversation sincère ! Oh, la force de la vérité ! Quel prix terrible payaient parfois les hommes pour quelques mots courageux prononcés sans arrière-pensée.
- Il y a dans le fait de naître une telle absence de nécessité, que lorsqu’on y songe un peu plus que de coutume, faute de savoir comment réagir, on s’arrête à un sourire niais.
- Une vie entière était trop courte pour en faire ressortir toute la saveur; pour en extraire chaque once de plaisir, chaque nuance de sens.
- Il y a plus de grandeur dans la résignation qui plie que dans la philosophie qui doute. C’est une maxime de nos quakers que, pour mon bonheur éternel, j’aurais voulu avoir moins souvent à la bouche et plus souvent dans le coeur.
- Les mots voyagent à la vitesse du désir, ils deviennent inutiles dans les messages d’amour. Il suffit de disposer d’un appareil de réception ultrasensible.
- Il y a des moments dans la vie où le plaisir de dire non dépasse toutes les ambitions et toutes les fortunes.