Le spectateur s’arrête, la critique s’arrête : la poésie commence. Autrement dit, les mots s’arrêtent là où l’incommunicable est communiqué. Pierre Soulages.
Image : Le spectateur s’arrête, la critique s’arrête...

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- Ce n’est pas seulement aujourd’hui mais depuis bien longtemps que sont critiqués ceux qui restent assis en silence, et ceux qui parlent avec profusion. Il n’est nul être au monde qui échappe à la critique.
- Faute de pouvoir adapter un vocabulaire périmé, le Critique condamne.
- La vie d’un texte commence véritablement à sa parution. Il se nourrit des commentaires qu’il engendre, prospère des controverses qu’il suscite. Une recension dédaigneuse, d’excessives louanges le renforcent également. Il devient peu à peu la somme de ses lecteurs, l’éventail de ses lectures.
- Il y a des critiques qui ne demeurent "critique" que le temps de n’avoir pas réfléchi.
- Ne prends point part aux bruits que sème le vulgaire De crainte de passer pour en être l’auteur. On ne risque rien à se taire, et souvent pour parler on cause son malheur.
- L’apprentissage commence en répétant : copie après moi ! L’art de la citation est donc le degré zéro du détournement.
- Au commencement était le verbe. Puis arriva le traitement de texte, et leur foutu processeur de pensée. La mort de la littérature s’ensuivit. Ainsi va la vie.
- Une ou deux phrases, quelques adjectifs, un compliment spontané, c’est de la critique ou du bouche à oreille ?
- La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.
- La sotte occupation que celle de nous empêcher sans cesse de prendre du plaisir, ou de nous faire rougir de celui que nous avons pris... Celle du critique.
- Le poème s’étirant dans les blés, le poème s’allongeant vers les sphères. Le poème bondissant, dans les pâturages de l’âme, le poème frémissant, dans le corps des cités.
- Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !
- Un autre défaut de la mauvaise poésie est d’allonger la prose, comme le caractère de la bonne est de l’abréger.
- La musique commence où la poésie finit.