Ce qui manque aux orateurs en profondeur, ils vous le donnent en longueur.
Écrivain, 1689-1755 Image : After Jacques-Antoine Dassier, Domaine public, Wikimedia Commons Ce qui manque aux orateurs en profondeur, ils vous le donnent en longueur.
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Source vérifiée
Pensées diverses (Montesquieu) (1879)
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Il faut toujours se faire entendre ; mais il ne faut pas tout dire : celui qui dit tout dit peu de choses, car à la fin on ne l’écoute plus.
« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. » La grande chance de cette nunucherie pour passer à la postérité a été de se limiter à douze syllabes. Les prosateurs, eux, font toujours trop long.
Apprendre à parler c’est apprendre à dégager les sens des mots, des époques où on les a appris – c’est oublier la plupart des relations d’alors. Sans oubli, on n’est que perroquet.
La chose la plus importante en communication, c’est d’entendre ce qui n’est pas dit.
Les autres font ce qu’ils veulent de tes mots, tandis que tes silences les affolent. Tiens ta langue et ils se mettront en huit pour essayer de piger ce que tu ne dis pas.
La parole n’est pas une flèche, mais elle perce davantage.
Les paroles seules comptent. Le reste est bavardage.
La parole doit venir à certains moments, mais ce qui instruit et ce qui donne c’est la présence. C’est elle qui est silencieusement agissante.
Au delà des paroles et de la bienveillance Il existe des voies difficiles à cerner Faites de souvenirs, d’amour et de silence Et que bien des savants vous diront ignorer.
Nous en voyons qui n’auroient pas le cœur de commettre une voyelle avec une voyelle en parlant.

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