Et ses yeux n’ont pas vu, présage de son sort, - Auprès d’elle, effeuillant sur l’eau sombre des roses, - Les deux Enfants divins, le Désir et la Mort.
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- Heureux qui peut dormir sans peur et sans remords - Dans le lit paternel, massif et vénérable, - Où tous les siens sont nés aussi bien qu’ils sont morts.
- Heureux qui pour la Gloire ou pour la Liberté, - Dans l’orgueil de la force et l’ivresse du rêve, - Meurt ainsi d’une mort éblouissante et brève.
- Car l’amour d’une femme est semblable à l’enfant - Qui, las de ses jouets, les brise triomphant, - Foule d’un pied volage une rose immobile - Et suit l’insecte ailé qui fuit sa main débile.
- L’homme qui s’attache à cueillir les plaisirs comme des fleurs, est saisi par la mort qui l’emportera comme un torrent débordé emporte un village endormi.
- Le jour s’éveillait et à sa blancheur première le village s’éveillait avec ses mille bruits. Devant ce contraste de vie et de mystères, de lumière et de ténèbres, je méditai un moment : «Mon Dieu, comme les morts restent seuls ! ».
- Les textes saints se sont trompés : il est bon - il est même excellent - que l’homme soit seul, mais il n’est pas assez sage pour chercher son vrai bonheur.
- Pétrarque : Jamais l’onde pure qui rit à la brise de Mai ne couva dans son sein le germe du dragon, jamais soleil levant n’ensanglante dans le rouge cinabre; et la scélératesse jamais dans un beau corps ne cache ses replis.
- Elle lui toucha une joue puis l’autre, pour l’éveiller peu à peu, car pendant le sommeil, l’âme erre au-dessus de la terre et si le réveil du corps est trop brusque, l’âme égarée ne retrouve plus son chemin.
- Ainsi Descartes l’a regardé (un corps céleste) comme ayant été autrefois un soleil, obscurci et étouffé depuis par une croûte épaisse dont il s’est couvert.
- Et ces deux âmes, soeurs tragiques, s’envolèrent ensemble, l’ombre de l’une mêlée à la lumière de l’autre.
- Son Dieu à elle se cachait dans les arbres, dans les herbes, dans le soleil et dans la pluie.
- Oeil humide, bras morts, tout respirait en elle Les langueurs de l’amour, et la rendait plus belle.
- L’amour cet inconnu Se fraie un chemin Depuis l’enfance des étoiles Et le ciel comme une main Réchauffe le coeur Des amants aveugles. L’amour porte le secret Des corps jusqu’à l’âme L’éternel présent Quand la pierre se délite Au fil de l’eau.
- Quel enfant n’a pas aimé trembler, la nuit sur les pentes herbeuses, à attendre le dahu, n’a pas chanté pour se donner du courage devant les monstres de l’imaginaire, vaincre la peur en marchant bravement vers les ombres ?
- Les épreuves de la vie l’ont forcée, l’ont enlevée à l’existence qu’elle avait espérée, mais elles ne lui ont pas fait baisser les yeux.