Rien n’est plus long à voyager que l’âme, et c’est lentement, s’il se déplace, qu’elle rejoint le corps.
Poète, 1889-1963 Image : Agence de presse Meurisse, Domaine public, Wikimedia Commons Rien n’est plus long à voyager que l’âme, et c’est lentement, s’il se déplace, qu’elle rejoint le corps.
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La difficulté d'être
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L’esprit fait plus de chemin que le cœur, mais va moins loin.
On vit alors combien lentement les âmes, une fois brisées, reprennent courage et force.
N’est-ce pas là l’éternité ? Cette poussée soudaine d’une âme en nous et ce départ pour un monde qu’on ne possède qu’à deux.
N’est-ce pas le destin des âmes qui s’aiment que de se déchirer ?
Comme le corps est plus ferme à la charge en le raidissant, aussi est l’âme.
N’aspire pas, ô mon âme, à la vie éternelle mais épuise le champ du possible.
À mesure qu’une âme s’enfonce dans la dévotion, elle perd le sens, le goût, le besoin, l’amour de la réalité.
La vie n’est qu’un voyage, et bien court. Il est vrai !
Les âmes délicates, dont la force s’exerce dans une sphère élevée, manquent de cet esprit d’intrigue, fertile en ressources, en combinaisons ; leur génie, à elles, c’est le hasard : elles ne cherchent pas, elles rencontrent.
Les corps se défont vite si l’esprit se rebelle.

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