La population de plus en plus inquiète, et qu’agaçait, comme les mouches, cette température d’orage…
Écrivain, 1881-1958La population de plus en plus inquiète, et qu’agaçait, comme les mouches, cette température d’orage…
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L'ete 1914
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C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale.
Mais il est une mollesse de l’atmosphère qui rend plus sensuel que l’orage ou la tempête, une modération du bonheur plus énervante que le malheur.
Les coups de tonnerre les plus menaçants ne sont pas toujours accompagnés de pluie.
Et de toute cette foule effervescente s’échappait, comme la vapeur de la fournaise, une rumeur aigre, aiguë, acérée, sifflante, comme les ailes d’un moucheron.
Le cœur happé du feu de l’enthousiasme devient étranger à tout sentiment terrestre ; il ressemble à ces lieux consacrés par la foudre, où les anciens n’osaient plus ni marcher ni bâtir.
La contagion des fureurs populaires est parfois si grande et si rapide, qu’on pouvait croire en effet que la première étincelle ferait un grand embrasement.
Le méfiant est fatalement voué au malheur. Tout comme l’acide corrode son contenant, le soupçon le ronge à force de se préserver jour et nuit de l’humanité tout entière.
Pluie des matins d’été, inoubliable Clapotement comme d’un premier froid Sur la vitre du rêve (…).
Le monde a sans doute vu le jour par peur du vide.
Le soleil brillait enfin sur Paris. Les pots d’échappement diffusaient leurs polluants comme les pollens d’une nouvelle ère, ensemençant dans les poumons des Parisiens et des touristes la future flore d’une civilisation malade.

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