Pas encor le printemps, mais ce n’est plus l’hiver. Votre âme, ô ma charmante, a ces heures mêlées.
Écrivain · 1842-1888Pas encor le printemps, mais ce n’est plus l’hiver. Votre âme, ô ma charmante, a ces heures mêlées.
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Source vérifiée
Le Coffret de santal (1873), p. 49
La neige, eau éclatée, sable de gel, sel non pas de la terre, mais du ciel, sel non salé, au goût de silex, à la texture de gemme pilée, au parfum de froidure, pigment du blanc, seule couleur qui tombe des nuages.
Le pays est tout noir, C’est l’hiver et le soir. La bise souffle par monts, par vaux. Près du feu réfugiés, Travaillons au métier.
J’ai si longtemps respiré l’air des forêts, l’air vibrant de neige, je me suis si souvent mêlée aux Blancheurs vastes et désertes, que mon âme est un peu l’âme des louves fuyantes.
Entre les loups cruels, j’erre parmi la plaine Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
La neige est le plus beau des livres d’enfant.
Voici Noël dans les planètes ! Loups à la montagne et vents à la mer... À travers ton ombre, ô Tempête Nous pendrons l’Étoile au front de l’hiver.
Une telle léthargie m’atteint toujours à ce moment de l’année où l’hiver est bien installé et le printemps encore si loin. Au milieu de la glace de fin janvier on n’a plus d’énergie pour continuer et il est impossible de rebrousser chemin.
Si tu disais : Voici l’Hiver. Le soleil saigne sur la mer, La barque est prise aux glaces du port, L’âtre fume, le vent halète Ou ricane, glapit ou guette Et jappe et mord ; Le jour finit en soir amer... Si tu disais : Je suis la douleur et l’hiver ; Je t’aimerais.
Des cheveux blancs sur un cœur encore vert sont donc comme des mains qui se trempent dans la neige : c’est froid, mais cela brûle !…
Quand, durant tout un jour, il est tombé de la pluie, de la neige, de la grêle et du verglas, on est tranquille. Parce que, à part ça, qu’est-ce que vous voulez qu’il tombe ?… Oui, je sais, mais enfin, c’est rare…