Mais en écoutant M. Chalamont, je viens de m’apercevoir que le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs, on lui fait dire ce que l’on veut. Les chiffres parlent, mais ne crient jamais.
Écrivain, 1920-1985Mais en écoutant M. Chalamont, je viens de m’apercevoir que le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs, on lui fait dire ce que l’on veut. Les chiffres parlent, mais ne crient jamais.
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Source secondaire
Le Président (1961)
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Mais les mots sont des choses, et une petite goutte d’encre,
Tombant comme la rosée sur une pensée, produit
Ce qui fait penser des mille, peut-être des millions.
Certains infinis sont plus vastes que d’autres, nous a appris un écrivain qu’on aimait bien. Il y a des jours, beaucoup de jours, où j’enrage d’avoir un ensemble de nombres infinis aussi réduit.
Les chiffres : à force de les additionner, de les soustraire, de les multiplier et de les diviser, on peut leur faire dire absolument n’importe quoi.
J’écris opéras au pluriel, malgré la décision contraire, parce qu’il me semble que la dernière syllabe de ce mot est longue au pluriel.
Presque aucune part n’est réservée à l’enseignement de la parole proprement dite ; l’écolier apprend à lire, à écrire, à compter, à raisonner, non à parler. (…) Ils seront dans la vie la proie de quelque bavard, expert au langage courant.
Ainsi nous ne sommes rien, ni toi ni moi, auprès des paroles brûlantes qui pourraient aller de moi vers toi, imprimées sur un feuillet : car je n’aurai vécu que pour les écrire, et, s’il est vrai qu’elles s’adressent à toi, tu vivras d’avoir eu la force de les entendre.
Quant à la diction, mère de la Poésie, j’observe que le français, bien parlé, ne chante presque pas. Notre discours est de registre peu étendu…
Je pense souvent que les fleurs sont l’alphabet des anges par lequel elles écrivent sur les collines et les champs des leçons mystérieuses et belles à ressentir et à apprendre.
Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute.
Entre le pénis et les mathématiques…, il n’existe rien ! Rien ! C’est le vide !

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