Certains infinis sont plus vastes que d’autres, nous a appris un écrivain qu’on aimait bien. Il y a des jours, beaucoup de jours, où j’enrage d’avoir un ensemble de nombres infinis aussi réduit.
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- Les mots ne sont visibles que dans l’oeil dénué de paupière de la mémoire. Dieu merci, les vivants conservent l’aptitude de surprendre et de décevoir.
- Nous lisions souvent ensemble, des poètes de l’amour courtois, mais souvent nous n’allions pas plus loin pour faire une partie de touche-pipi.
- Dans une musique, c’est l’ensemble mystérieux de l’intimité des mesures et du secret des notes qui attire et nous charme.
- Aussi étrange que cela puisse paraître, plus on connaît quelqu’un, plus ses contours deviennent flous, comme si le temps passé ensemble effaçait ce qui le distingue de vous.
- L’art d’en faire les couronnes - N’est pas su de toutes personnes; - Et trois ou quatre seulement - Au nombre desquels on me range, - Peuvent donner une louange - Qui demeure éternellement.
- Qui dira la tristesse des secrétaires de rédaction sommés de faire composer en très gros caractères des noms de confrères au talent très mince ?
- Mais en écoutant M. Chalamont, je viens de m’apercevoir que le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs, on lui fait dire ce que l’on veut. Les chiffres parlent, mais ne crient jamais.
- Du civilisé au sauvage, il y a tout juste la distance qu’il y a de l’amour à la jalousie. On trouvera un jour des instruments pour mesurer ces infiniment petits.
- Les très bons écrivains écrivent peu parce qu’il faut beaucoup de temps pour réduire en beauté leur abondance ou leur richesse.
- Il n’y a pas de mathématiques modernes. Ces deux mots anodins font pourtant régner la terreur dans des millions de foyers où les parents, angoissés, "sèchent" sur des problèmes donnés à leurs fils en quatrième.
- Beaucoup de brèves folies, c’est là ce que vous appelez l’amour. Et votre mariage met fin à beaucoup de brèves folies par une longue sottise.
- Dans mon lit, au fond de mes histoires, je cherchais d’autres réels plus supportables, et les livres, mes amis, repeignaient mes journées de lumière.
- Si j’eusse parlé vers 1795 de mon projet d’écrire, quelque homme sensé m’eût dit : - «Ecrivez tous les jours pendant deux heures, génie ou non. » - Ce mot m’eût fait employer dix ans de ma vie dépensés niaisement à attendre le génie.
- L’oeuvre qu’on portait en soi paraît toujours plus belle que celle qu’on a faite. Tant de choses se perdent en ce voyage de la tête à la main !
- Il nous est plus facile de nous teindre d’une infinité de connaissances, que d’en bien posséder un petit nombre.