Les mots ne sont visibles que dans l’oeil dénué de paupière de la mémoire. Dieu merci, les vivants conservent l’aptitude de surprendre et de décevoir.
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- Un pauvre amant dit ce qu’il pense Sans trop penser à ce qu’il dit. Le désordre est son éloquence; Quand le coeur parle, adieu l’esprit.
- L’ironie : cette étincelle d’intelligence dont l’humain se réclama jadis pour s’autoriser à non plus seulement craindre Dieu mais aussi à lui sourire en coin.
- Si le bon Dieu a mis une mémoire dans l’âme des hommes, c’est autant pour oublier que pour se souvenir.
- Curieuse entreprise, d’écrire des souvenirs. On tire sur le fil, et on ne sait pas ce qui va en sortir. Comme ces illusionnistes qui extraient de leur bouche, suspendus en guirlande, une fleur, une lame de rasoir, une ampoule allumée, un petit lapin...
- Et il ne suffit pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent.
- Il n’y a absence que pour un être capable de souvenir et d’attente.
- Au delà des paroles et de la bienveillance Il existe des voies difficiles à cerner Faites de souvenirs, d’amour et de silence Et que bien des savants vous diront ignorer.
- Je suis toujours surpris par les coïncidences qui nous font un clin d’oeil du fond de leur mémoire en posant des bonheurs sur les journées d’absence et nous laissent à penser que rien n’est un hasard.
- Quant aux larmes, ces poèmes des corps, elles finiront dans ces zones intéressantes de la mémoire qu’on appelle l’oubli.
- Il ne faudra pas oublier les gestes, même esquissées, qui disent la tendresse, les gestes si souvent négliges, oubliés comme un repli du coeur.
- Ecrire, c’est vouloir distinguer à travers des mots ce qu’en réalité on ne peut voir : naissance et mort, apparition et disparition fulgurantes des êtres. Perpétuité des catastrophes.
- Piètre mémoire, présence chancelante au monde, qui m’interdit de témoignage. D’où mon appétit de romancier, sans doute : l’imagination affamée de souvenirs s’acharne à recomposer la vie sur esquisses.
- L’absence) accumule des mondes d’indifférence sur des promesses de souvenirs éternels.
- La mémoire du dégoût est plus grande que la mémoire de la tendresse !
- Je ne savais pas que les mots peuvent sauver. Aujourd’hui je le sais : ils maintiennent le lien à soi. Ils permettent de ne pas s’égarer dans la nuit profonde de la folie.