Ah ! Madame, reprit monsieur de Nemours, je ne saurais garder le silence que vous m’imposez : vous me faites trop d’injustice et vous me faites trop voir combien vous êtes éloignée d’être prévenue en ma faveur.
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- A l’égard du malheur qui tourmente la vertu, l’infortuné que le sort persécute a pour consolation sa conscience, et les jouissance secrètes qu’il retire de sa pureté le dédommagent bientôt de l’injustice des hommes.
- Un pouvoir engagé dans la route sanglante de l’injustice ressent la crainte qu’il inspire, éprouve la haine qu’il excite : c’est une pente funeste et glissante où l’on ne peut ni s’arrêter ni reculer.
- Je suis obéissant; je dois servir les hommes. Le courage me manque, et je m’y prends si mal ! Effacez-moi, je vous l’ai dit, d’un coup de gomme, o dédain du silex, ô mépris végétal !
- Enfin je vous ai dit à quoi je vous engage : jouez bien votre rôle; et pour mon personnage, si vous apercevez que j’y manque d’un mot, dites absolument que je ne suis qu’un sot.
- Combien de milliers de mes plus pauvres sujets sont à cette heure endormis ! O sommeil, ô doux sommeil, tendre infirmier de la nature, quel effroi t’ai-je causé, que tu ne veux plus fermer mes paupières et plonger mes sens dans l’oubli !
- Mon âme, il faut partir. Ma vigueur est passée, - Mon dernier jour est dessus l’horizon. - Tu crains ta liberté. Quoi ! N’es-tu pas lassée - D’avoir souffert soixante ans de prison ?
- Madame, ma fille se fait embêtée par le célèbre Yassine. Pouvez-vous lui demander d’arrêté car si je viens lui dire je ne ferai pas le voyage pour rien. Merci.
- Qu’on parle mal ou bien du fameux cardinal, ma prose ni mes vers n’en diront jamais rien : Il m’a fait trop de bien pour en dire du mal, il m’a fait trop de mal pour en dire du bien.
- Je t’aime et tu feins de m’ignorer. Je veux croire que tu feins de m’ignorer ou plutôt non ta mimique est pleine d’allusions. La phrase la plus banale a des sous-entendus émouvants quand c’est toi qui m’adresses la parole.
- Approchez, monsieur de Bonnefoy, approchez. Prenez un siége, s’il vous plaît. Ma femme m’a dit, monsieur, que vous étiez fort honnête homme, et tout à fait de ses amis; et je l’ai chargée de vous parler pour un testament que je veux faire.
- Mon cher ami, - Je vous envoie M. Untel, faites ce qu’il vous demande ou tuez-le, cela m’est bien égal. - Bien à vous. - P. S. : Si vous choisissez de le tuer, ayez la bonté de m’en informer pour que je puisse prévenir sa famille.
- Ton destin malheureux t’a fait prendre une femme Qui n’a ni grand bien, ni pudeur : D’ami de tes amants fuis le surnom infâme. De crainte d’ajouter le crime au déshonneur.
- Que de voix vont s’élever contre moi ! J’entends de loin les clameurs de cette fausse sagesse qui nous jette incessamment hors de nous...
- Mais écoutez-moi donc, sacrebleu ! Je vous prêche la patience, la modération, mille tonnerres ! Et vous ne m’écoutez pas, ventrebleu ! - C’est que vous prêchez... En jurant.
- Un peuple surgira, et tous ils marcheront contre toi, une armée sanglante, haine au coeur, et, seul, tu chercheras une aide en vain des yeux, l’aide que j’ai cherchée. Alors menace, implore, et maudis et promets ! Nul ne t’écoutera ! Nul ne m’a écouté !