Il faut avoir vécu dans la promiscuité des hospices et des camps pour apprécier la valeur d’une cuvette d’eau, pour savourer la solitude des endroits où l’on met culotte bas, à l’aise.
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- Il faut avoir peur de mourir pour apprécier le temps qui passe à sa juste valeur.
- Existe-t-il pensée plus consolante que de savoir les proches défunts à vos côtés ? La mort perd en gravité et en fatalité. Et l’existence gagne en valeur et en sens. Il n’y a ni un avant ni un après, mais un tout.
- Quelle est la valeur de cette vie dont les meilleurs moments nous apparaissent toujours comme des périodes d’évasion, de fuite de soi ?
- Respirer, marcher, parler, regarder : toutes choses ordinaires, dont on ne s’aperçoit de la valeur que lorsqu’on a failli les perdre pour toujours. Les rescapés d’accident, de maladies ou d’événements de vie graves racontent tous la même histoire, et la même sensation, liée à cette prise de conscience : vivre est une chance.
- C’est rudement commode, un enterrement. On peut avoir l’air maussade avec les gens : ils prennent cela pour de la tristesse.
- Les ressources suprêmes sortent des résolutions extrêmes. S’embarquer dans la mort, c’est parfois le moyen d’échapper au naufrage; et le couvercle du cercueil devient une planche de salut.
- Ce que les morts laissent aux vivants, c’est certes un chagrin inconsolable, mais aussi un surcroît de devoir de vivre, d’accomplir la part de vie dont les morts ont dû apparemment se séparer, mais qui reste intacte.
- Je ne doute point que la vraie dévotion ne soit la source du repos; elle fait supporter la vie et rend la mort douce : on n’en tire pas tant de l’hypocrisie.
- J’ai besoin de vivre dans une baraque isolée, de pouvoir sortir pisser dehors, regarder la lune si j’ai envie.
- Vivre dans un trou - Dans le luxe ou la boue - Mais avec vous.
- Règle de vie : Toujours essayer de réduire mes propres souffrances à ce qu’elles ont d’universel et d’anonyme, et considérer celles des autres comme uniques et irréductibles.
- Le cigare et la vodka, compagnons idéaux de ces moments de repli. Aux pauvres gens solitaires, il ne reste que cela. Et les ligues hygiénistes voudraient interdire ces bienfaits ! Pour nous faire parvenir à la mort en bonne santé ?
- Il y a des genres et des degrés de solitude. Une île au milieu d’un lac, c’est un genre de solitude; mais les lacs ont des bateaux, et on peut toujours espérer une visite.
- Qui traverse le désert apprend à connaître la valeur de l’eau. Qui voyage en mer apprend à connaître les dangers de l’eau. Qui ne connaît ni désert ni mer s’indiffère à la vue de l’eau.
- On peut se laisser dépérir dans le manque. On peut aussi y trouver un surcroît de vie.