Je ne doute point que la vraie dévotion ne soit la source du repos; elle fait supporter la vie et rend la mort douce : on n’en tire pas tant de l’hypocrisie.
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- La mort n’arrive qu’une fois, et se fait sentir à tous les moments de la vie : il est plus dur de l’appréhender que de la souffrir.
- On ne vit point assez pour profiter de ses fautes; on en commet pendant tout le cours de sa vie, et tout ce que l’on peut faire. A force de faillir, c’est de mourir corrigé...
- Le propre de l’hypocrisie c’est d’être âpre à l’espérance. L’hypocrite est celui qui attend. L’hypocrisie n’est autre chose qu’une espérance horrible; et le fond de ce mensonge-là est fait avec cette vertu, devenue vice.
- La meilleure de toutes les raisons pour se résoudre à la mort c’est qu’on ne saurait l’éviter. La philosophie nous donne la force d’en dissimuler le ressentiment et ne l’ôte pas : la religion y apporte moins de confiance que de crainte.
- On ne pleure pas le destin d’un mort mais la perte du bien qu’il nous apportait. Si nous pleurions le martyre à venir, les maternités seraient océans de larmes.
- La mort, c’est la fin des opinions. Mourir, c’est troquer nos opinions contre un point de vue. (Imprenable, le point de vue !).
- Sur le seuil du grand silence, on se rend compte que la vie n’est pas envoûtante parce qu’elle l’EST. Elle l’EST parce qu’elle est le contraire de la mort.
- La sagesse du futur, celle qui évitera le suicide de l’humanité, ne consistera plus à gagner du temps mais à le remplir, à le vivre, à en prendre toute la mesure.
- A juger sainement les choses, la sagesse consiste plus à nous faire vivre tranquillement qu’à nous faire mourir avec constance.
- La mort n’est pas la plus grande perte que nous subissons au cours de notre vie. La plus grande perte c’est ce qui meurt en nous pendant que nous vivons.
- Le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient.
- Ne craignez pas ainsi la mort et craignez davantage la vie insuffisante !
- Le deuil est une convalescence. Le repos de l’être absent devient notre propre repos. Il y a de la contagion dans la mort.
- Il est également absurde de vivre en perdant de vue le paramètre absolue de la mort que de laisser la pensée de la mort prochaine gâcher mon existence.
- On envisage la mort avec sérénité si, au moment de mourir, on peut être fier de sa vie. Une vie qui s’est entièrement vouée à la pratique de la vertu n’est jamais trop courte.