Je doute qu’il arrive jamais à cette simplification, cette «puissante érosion des contours» dont parle Nietzsche, et sans laquelle il n’y a pas de parfaite oeuvre d’art.
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- Je gage qu’avant vingt ans, les mots : contre nature, antiphysique, etc., ne pourront plus se faire prendre au sérieux. Je n’admets qu’une chose au monde pour ne pas être naturelle : c’est l’oeuvre d’art.
- L’oeuvre d’art ne s’obtient que par contrainte et par la soumission du réalisme à l’idée de beauté préconçue.
- Dieu ne doit pas faire de théologie; l’écrivain ne doit pas anéantir par des raisonnements humains la foi momentanée que l’art exige de nous.
- Il n’y a point d’art mécanique si petit et si méprisable qui ne puisse fournir quelques observations ou considérations remarquables.
- Le génie abaisse davantage qu’il n’élève; l’idée du génie empêche d’être simple, engage à montrer l’essentiel, à dissimuler ce qui décevrait : il n’est pas de génie concevable sans art.
- J’ai toujours pensé que l’on ne saurait rendre trop hautement justice aux acteurs, eux dont l’art difficile s’unit à celui du poète dramatique, et complète son oeuvre.
- Le progrès en art n’existe pas. Il y a de grands artistes dans tous les siècles, et dans tous les pays, il y a des développements de style, mais il n’y a pas de progrès.
- On ne peut atteindre les limites de l’art.
- Évidente, l’oeuvre d’art n’en reste pas moins à jamais intraduisible, inexplicable, indicible par quelque autre langage - puisqu’elle ne renvoie qu’à elle-même.
- L’art ne peut se relever d’être devenu marchandise, cette perversion du sens est irrémédiable.
- Une véritable suppression de la métaphysique ferait de l’art et de la science des squelettes pétrifiée, dépourvus d’âme, incapable du moindre développement ultérieur.
- Plus fort que le pessimisme et plus « divin » que la vérité : l’art.
- La vie morale de l’homme forme une part du sujet de l’artiste, mais la moralité de l’art consiste dans l’usage parfait d’un moyen imparfait.
- L’art pour l’art ne mène à rien. Si vous vous engagez dans cette voie, vous êtes condamné à la bohème et vous finirez alcoolique ou syphilitique, mais peintre, certainement pas !
- Aucune oeuvre d’art n’est assez forte pour survivre à la surdité de ceux qui l’écoutent.